Joseph, Marthe, Suzanne, le colonel, Villeneuve
SUZANNE, gaiement.
Quoi?
LÉ COLONEL
La cheminée!... la grande cheminée! je l'ai vue! a vmeneuve.) Ah! mon cher monsieur, admirable! Vous sculptez en bois aussi bien qu'en. . . (Regardant Suzanne.) qu'en . . . Enfin, je vous fais mon compliment.
VILLENEUVE
Colonel !
Ces dames sont en bas, à l'admirer... Elles s'écrient toutes comme au théâtre : « L'auteur! l'auteur! » Et je viens le chercher...
SUZANNE
Veuillez d'abord me permettre de vous présenter ma
lantC, Colonel. (Elle lui présente Marthe.) LE COLONEL.
Votre tante ?... Ce n'est pas votre tante.
SUZANNE
Mais je vous jure...
LE COLONEL
Une tante est quelque chose de vieux, qui a un bonnet... qui met des lunettes. . . Mais avec des cheveux comme cela! avec des yeux comme cela !... allons donc!
SUZANNE
Mais...
LE COLONEL1
Tout ce que vous voudrez... mais pas une tante. Jo gage que mademoiselle a une voix charmante.... comme vous... une nichée de rossignols...
MARTHE
Je chante un peu.
i. Joseph, Suzanne, Marthe, le colonel, Villeneuve.
Est-ce aux touches mobiles du clavecin ou aux accords vibrants de la harpe. . . que se marient les accents de votre voix?...
MARTHE, à part.
Qu'est-ce qu'il veut dire ?
LE COLONEL, à Villeneuve.
Ah çà ! vous nous donnez votre fille pour six semaines.
VILLENEUVE
Mais...
LE COLONEL
Ce mot me suffit ! (a part.) L'avoir chez moi en semestre ! Vivat! (Haut.) Décidément, voilà une bonne journée.. . Ce matin, le duel de Paul...
VILLENEUVE
Un duel?
LE COLONEL
Gomment !... miss Suzanne ne vous a pas raconté ça? Le retour du vainqueur, le bal improvisé... Ah ! Paul lui a insinué le plus joli coup d'épée... Il est vrai qu'il avait Finette... Vous ne savez pas ce que c'est Finette ?... Aussi piquante que ces demoiselles... Allons, partons ! J'enlève tout le monde !
VILLENEUVE, à Suzanne.
Viens-tu avec nous?...
SUZANNE
Non ! J'ai une lettre à écrire.
Je reste aussi I.
LE COLONEL, les saluant.
Belles dames, ne vous dérangez pas..., je vous en supplie!... Allons !...