HENRI, MONTRICHARD
MONTRICHARD, se promenant pendant qu'Henri le suit en tenant un plateau de rafraîchissements.
Démon de femme! voilà le doute qui commence à me prendre... on m'a trompé peut-être... M. de Flavigneul n'est pas ici.
HENRI, le suivant.
Monsieur le baron désire-t-il ?...
MONTRICHARD, se promenant toujours.
Tout à l'heure!... S'il y était... la comtesse aurait-elle ce ton insultant et railleur?
HENRI, lui offrant toujours à boire.
Monsieur le baron...
Tout à l'heure, vous dis-je!... (a lui-même.) Mais s'il n'y est pas... mon expédition va me couvrir de ridicule... sans compter que le crédit de la comtesse est considérable et qu'elle peut me perdre... Si je repartais?... oui, mais s'il est ici? Si une heure après mon départ la comtessse fait passer la frontière à M. de Flavigneul, me voilà perdu de réputation... Ah! j'en ai la tête tout en feu!
1IKNRI.
Si monsieur le baron voulait des rafraîchissements ?
MONTRICHARD
Va-t'en au diable !
HENRI
Oui, monsieur le baron.
MONTRICHARD, se ravisant tout à coup .
Attends... Quelle idée !... oui! (,v Henri.) Venez ici et regardez-moi ! (Il boit un verre de vin de Malaga, tout en y trempant un biscuit. Puis, après avoir examiné Henri : ) VOUS ne me Semblez
pas aussi niais que vous voulez le paraître...
nENRI.
Monsieur le baron est bien bon !
MONTRICHARD
L'œil vif, l'air fin...
nENRI, à part.
Où veut-il en venir?
MONTRICHARD, après un moment de silence.
Votre maîtresse vous a bien maltraité tout à l'heure.
HENRI
Oui, monsieur le baron.
MONTRICHARD
Est-ce qu'elle vous soumet souvent à ce régime-là?
HENRI
Tous les jours, monsieur le baron.
MONTRICHARD
Et combien vous donne-t-elle de surcroît de gages pour ce supplément de mauvaise humeur?