SCÈNE IV Les Précédents, CHARLES
CHARLES
Madame m'a appelé?
LA COMTESSK.
Oui. Approchez-vous, Charles. Vous me forcerez donc toujours à vous adresser des reproches? Pourquoi vous ôtes-vous permis...
LÉO ME, bas, à la comtesse.
11 ne savait pas que j'étais là...
LA COMTESSE, à Léonie.
N'importe!... (v Charles.) Pourquoi vous êtes-vous permis de vous approcher de mon portrait, du dessin de ma nièce, et de dire... qu'il était charmant?...
C1IARLES.
J'ai dit qu'il était ressemblant, madame la comtesse.
LA COMTESSE
C'est précisément ce mot qui est de trop : approuver c'est juger; et on n'a le droit de juger que ses égaux.
CHARLES
.!«' demande pardon à mademoiselle de l'avoir offensée... à l'avenir, je ne ferai plus que penser ce que j'ai dit.
LA COMTESSE
C'est bien...
LÉON! E, ;'i l'art.
Du tout, c'est mal! Voilà encore une de ces réponses qui m'exaspèrent...
LA COMTESSE, à Charles.
Avez-vous préparé la petite ponette de mon frère, comme je vous l'avais dit?
CHARLES
Oui, madame.
LA COMTESSE
Eh bien ! chère Léonie, le temps est beau, va mettre ton habit de cheval, et tu essaieras la ponette dans le parc.
Avec vous, chère tante?...
LA COMTESSE
Non, avec mon frère... et Charles vous suivra.
LÉONIE
Mais...
LA COMTESSE
Il est fort habile cavalier, et son habileté rassure ma tendresse pour toi!
LÉONIE
J'y vais, chère tante,... (En s'en allant.) Ah! je le déteste!