SCÈNE VIII
MADAME DELPIERRE, FERNAND.
FERNAND
Maman, voilà une lettre...
ma a AME DELPIERRE, Bien importante, sans doute, puisque vous l'apportez
même, monsieur le facteur. (Femand la regarde un peu
étonné.) Vos petits enfants se portent bien, monsieur le facteur?
FERNAND
Oui, madame.
Vous a-t-on donné vos étrennes, monsieur le facteur? (L'interrompant.) Vraiment! je suis plus enfant que lui. (Tout
en parlant, elle a décacheté la lettre et mis l'enveloppe sur la table, lisant.)
« Vous recevrez aujourd'hui, par lettre chargée, une traite de trois mille roubles... » (Pariant.) Hein? (Lisant.) Et le brevet de l'ordre de Wladimir. (Riant.) Ce n'est pas pour moi, ni pour mon mari. Donne-moi l'enveloppe ! (L'enfant lui donne l'enveloppe.) A monsieur Delpierre. (Demi-riant.) Ah çà... qui peut envoyer à mon mari l'ordre de Wladimir? (Tout à coup
comme frappée d'un trait de lumière.) Wladimir! (Elle saisit la lettre, la lit, et, poussant un grand cri, elle tombe raide et étendue comme morte sur le canapé )
FERNAND, courant dans la chambre.
Maman ! maman ! au secours ! . . . ma maman est morte ! . . , maman!... réveille-toi! c'est moi, ton petit garçon que
tu aimes tant!... (Il est à genoux devant elle.)
MADAME BONNEVILLE, arrivant aux cris de Fernand. Qu'y a-t-jl? (Apercevant sa fille étendue.) Ciel! FERNAND.
Elle rouvre les yeux!
MADAME DELPIERRE, comme égarée.
Qu'est-ce donc? Que S'est-il donc passé? (Elle regarde autour d'elle.) Je ne sais plus!...
FERNAND
C'est cette lettre!...
MADAME DELPIERRE.
Ah !.. . (a Fernand.) Va-t'en ! va-t'en !
FERNAND
Oh! mon Dieu! et papa qui n'est pas là! (il sort.)