SCÈNE XII
Les Mêmes, VALENTINE.
VALENTINE
Justes cieuxl Mourir... tuer!
OCTAVE, à part.
Ma sœur I
MAURICE, à part.
Elle!
VALENTINE
Tout me ralteste...
Ces armes!;;, vous avez quelque dessein funeste I
OCTAVE
Comment I
VALENTINE
C'est un duel!...
OCTAVE
Mais non, non!
VALENTINE
Ta pâleur, Et ce malin, ici, ton trouble... ta douleur... Et ta montre en mes mains comme un adieu laissée...
Éclatant en sanglots.
C'est un duel! c'est un duel!
OCTAVE
Quelle pensée!...
VALENTINE
Oh! ne me dis pas non! Je le sens! je le vois!...
MAURICE, allant résolument k elle.
Eh bien, vous dites vrai, Mademoiselle!
OCTAVE, bas à Maurice.
Quoi!...
MAURICE, vivement et bas.
Silence!...
VALENTINE
Par pitié, Monsieur, ro\\o querelle, Empêchez-la, de grâce!
MAURICE
Hélas! Mademoiselle»
Impossible! l'alIVont fut trop .sauirlant.
Lui! lui!
Se battre!...
MAURICE, avec étonneraent.
Lui?... comment?... Les témoins aujourd'hui Ne se battent jamais...
VALENTINE
Les témoins?... quoi?... vous dites?.. ^
MAURICE
Que... que mon caractère et ses frasques maudites M'ayant mis hier soir ce duel sur les bras...
C'est vous qui vous battez, Monsiejir?...
MAURICE
Moi-même, hélas!...
Et, sachant votre frère habile en fait d'escrime, J'ai réclamé de lui double marque d'estime : D'être mon témoin, puis d'échanger quelques coups... Ce dont je ne peux trop m'excuser près de vous, Car j'oublie aujourd'hui toutes les convenances. Ce matin, en entrant, je chante des romances; Et ce soir, me voilà le fleuret à la main.
VALENTINE, le regardant.
Dites-vous vrai. Monsieur? me trompez-vous?... En vain J'interroge vos yeux, les siens... je ne devine...