SCENE PREMIERE
Le théâtre représente uu salon élégant dans une maison de campagne.
LA MARQUISE, seule. Toilette de femme de quarante ans.
Le colonel de Saqueville revient!... Il revient aujourd'hui! Je vais le revoir!... Lorsque, il y a dix ans, il partit pourTAfriquc, désespéré et me maudissant, il ne se doutait guère que ce cœur était plus déchiré que le sien. Mais je n'étais pas libre; mon mari, le marquis de Montrichard, vivait encore... J'eus la force de cachera M. de Saqueville jusqu'à mes regrets!... Mais aujourd'hui... aujourd'hui qu'il va me retrouver veuve... oh! aujourd'hui... (Avec inquiétude et regret) c'CSt dix aUS pluS tard ! AlorS
nous étions du môme âge. Maintenant... il est encore jeune; je ne le suis plus. L'âge des romans est passé pour moi; surtout en ce moment, quand je vais marier ma fille à son neveu. Allons ! ne pensons plus qu'à être grand'mère! Etouffons sous ce bonnet ce qui reste de jeunesse sur mon visage!... Précipitons-nous dans les œuvres de bienfaisance et dans les livres utiles! Quand une femme de quarante ans devient charitable... soyez sûr que cette
charité-là, c'est encore de l'amour! (Apercevant m. Sevin,Julie et miss Jackson qui entrent.) Ma fille! M. Sévln I
10 comp:dies en un acte.