‹ Théatre. Avec une introdChapitre 101 sur 342 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

VERNISSAG, GABRIEL.

VERNISSAG, une lettre à la main.

Je sais tout, j'ai tout appris par la petite femme de chambre. Elle est presque aussi furieuse contre moi que sa maîtresse. Mais c'est égal, je l'ai fait parler. Ma tante a pris en haine toute sa famille ; elle nous déteste, elle nous chasse....

GABRIEL

Eli donc ! monsieur, cela va mal.

VERNISSAG.

Gela va très-bien. J'ai assez observé, il est temps d'agir. J'aime à la voir en querelle avec tout le monde, même avec moi ; j'en aurai plus de gloire à la ramener.

GABRIEL

Yous êtes riche en bonne opinion.

VERNISSAG.

De la tête, quelque esprit, point de honte, jamais d'embarras : qui donc aurait de l'orgueil si j'en manquais? Écoute : ma tante est dans son cabinet avec M. Dorigny, qu'elle a fait revenir. Cela ne m'inquiète pas. Voici une lettre. Tu attends qu'elle soit seule pour la lui remettre. Si elle t'interroge, tu lui dis que tu n'as pu tirer une seule parole de moi, que je me suis renfermé, que tu m'as vu par la petite porte vitrée me promener, lever les yeux au ciel, puis sortir tout d'un

coup, sans doute pour chercher un logement; et surle-champ tu viens me rendre réponse. Surtout, donnetoi un air bien affligé, bien attaché, bien mélancolique.

GABRIEL

Je fondrai eu larmes.

VBRNISSAC.

J'entends ma tante et Dorigny. Ils paraissent fort animés. Sors. L'héritage est à moi. {ii »ort.)

GABRIEL

Je n'ai que Taccent du pays; mon maître en a bien

tout l'esprit, (ll »orl de r«alrooôlé.)

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