‹ Théatre. Avec une introdChapitre 138 sur 342 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

chose que vous cachez à votre mère et à moi. Il est impossible que des gens que j'estime, et qui sans vanité ont besoin de moi, se soient décidés contre vous sans motifs.

EUGÈNE

Vous n'avez jamais eu à vous plaindre de ma conduite.

MUSARD

Je n'ai jamais eu à me plaindre.... quand il n'y aurait que cette demande que vous m'avez faite de vous marier à celte petite Sophie, la fille de M. Lerond.

EUGÈNE

Que pouvez-vous reprocher à la fille de M. Lerond, votre voisin, votre compatriote, et, comme vous, à la tête d'une maison en crédit ?

MUSARD

A la fille? rien. Elle est jolie, elle chante avec goût, elle danse avec grâce; et moi qui adore la musique....

un excellent cœur un esprit naturel mais son

père! son père.... On nous a déjà réconciliés plusieurs fois, mais il y a quarante-cinq ans que je lui en veux ; dès le collège, en affaires d'intérêt, en affaires d'amourpropre, en affaires d'amour... (pendant ce couplet, madame Musard, impatientée, a clé chercher la tabatière de son mari, et la lui remet,

en le pressant de sortir.) Pardon, madame Musard, mais c'est la vérité, et avant de vous connaître il m'était bien permis.... Enfin j'ai toujours trouvé ce diable d'homme sur mon chemin. C'est un intrigant qui m'a soufflé tout ce que je voulais avoir.

EUGÈNE

Mais, mon père....

MADAME MUSARD

Mais, mon fils, si vous contrariez votre père, il n'en finira pas: vous parlerez de M. Lerond et de sa fille à son retour.

18H MONSIEUR MUSAHU.

MUSARD

Oh! non pas, c'est inutile : tout est dit sur ce sujet je vous en réponds.

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