SCÈNE XV
MUSARD. EUGÈNE, ensuite JOSEPH.
MUSARD, apercevant Euf^èno.
Ah ! te voilà ?. . . Joseph ?
EUGÈNE
Comment, mon père, vous en êtes encore là de votre toilette !
MUSARD
C'est que j'avais une lettre très-pressée à écrire pour une charade.
EUGÈNE
Pour une charade !
MUSARD, à Joseph qui entre.
Ah! Joseph, vite, porte cette lettre à son adresse, j'achèverai de m'habiller sans toi ; je n'ai que ma robe de chambre à ôter. (joseph sort.)
EUGÈNE
Comment, mon père, pour une charade!
MUSARD
Elii OUI, pour une caaraae, aont je ne veux pas te dire le mot, parce que tu serais capable de souffler le prix à
ton père. (En ôtant une manche de sa robo de chambre.) AIIOUS, vitC,
vite, à présent, donne-moi mon habit, qui est là sur une chaise.
EUGÈNE
Eh quoi! vous voulez mettre votre habit avant d'ôter votre poudre?
MUSARD
(Il prend le journal et le couteau de toiletle qui est sur la lablo. et va à la toilette, sa robe do chambre à moitié ôlée.)
Oh ! tu as raison ; qu'est-ce que je fais donc, moi !
c'est que, vois-tu, je me dépAche. (On «nteod un pi^lnde do piano dan« la chambre de Sophie.) Ah ! ah ! qu'eiltends-je?
S0PH1B, chante de aa chambre.
En affaires comme en voyage Choisissons le plus court chemin ; Suivons le précepte du sage.
Ne remettons rien à demain.
Jeune avocat à la tribune, Jeune amant près d'un tendre objet, Vous tous qui courez la fortune.
Souvenez -vous de mon couplet.
En affaires comme en voyage, etc.
MUSARD
C'est une aimable voisine que M. Delaigleaura logée dans cel appartement. Jolie voix!
BUGBNB, à part.
Eh mais! celle voix.... me trompera is-je.... c'esl Sophie.
MUSARD, prenant «on violon.
Chili! chut! une petite galanterie: jo vais rençracrer à continuer sa chanson.
(H va il b perle de Sophie la manche de t& robe de chambre pondante, et joue la ritournelle de l'air.)
SOPHIE chante.
Depuis six mois Biaise aime Lise, Près d'elle il soupire et se tait ; Depuis six mois Lise indécise.
Attend qu'il chante mon couplet :
En affaires comme en voyage, Choisissons le plus court chemin ; Suivons le précepte du sage, Ne remettons rien à demain.