SCENE XVIII
nous a bien choisi noire appartement. M. Lerond, qui vient d'arriver ici, qui loge là, en face de nous; sa fille qui ose s'entretenir devant moi avec mon fils ! Quel dessein l'amène à Paris? Il ne vient que pour me nuire, me contrarier, me barrer tous les passages. Mais je le préviendrai; je lui prouverai que quand je m'en mêle j'ai au?si de la tenue, de l'activité. Eh bien, monsieur Delaigle, cette voilure que j'ai demandée depuis une heure?
DELAIGLE.
Eh bien, monsieur, il y a une heure qu'elle est arrivée.
MUSARD
Eh ! que ne le disiez- vous donc ?
DELAIGLE.
Mais on l'a prise, monsieur.
MUSARD
Comment, on Ta prise ! eh ! qui donc ?
DELAIGLE.
Le voyageur de cet appartement.
MUSARD
M. Lerond a pris ma voiture? eh bien, le voilà' déjà qui commence ses manœuvres. C'est pour agir contre moi, je le parierais; mais je lui apprendrai.... J'irai à pied, j'aurai plus tôt fait, (a Eugène.) Monsieur, je vous défends de voir mademoiselle Lerond. Madame, veillez sur votre fils ; vous sentez qu'il y va de votre gloire, que vous me compromettriez.... Ma canne, mon chapeau.... mon parapluie, le temps n'est pas sûr.
(Delaigle lui donne son chapeau et son parapluie.) Ail ! mOnsieur Delaigle, VOUS logez mes ennemis, et vous laissez prendre ma voiture. Il faut que l'un de nous deux sorte de chez vous, je vous en préviens.
DELAIGLE.
Ma foi, monsieur, je ne ferai pas pour vous une mal-
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honnéleté à un galant homme qui parait disposé à faire une grande dépense, qui m'a ordonné un grand
déjeuner.
IIUSARD.
Croj»ez-vous donc que je ne sois pas en état de faire autant de dépense que lui? (ii Urc su monirc) Onze heures et demie ! Ah ! mon Dieu ! comme le temps passe ! Pas
possible ! voyons la vôtre.... (|>el«igle lui fa.i v«ir l» »ionno.) Et je retarde encore. (ll veul régler »a montre.)
MADAME MUSARD
Mais, mon ami, vous êtes pressé....
MUSARD
Ah! tu as raison; je. la réglerai aux Tuileries. Venez avec moi, monsieur Delaigle; et, en passant dans votre salle à manger, je vous ordonnerai un repas qui vaudni bien celui de M. Lerond; venez, (ii wncircticni.) Ah! mes gants?.... ils sont dans ma poche. (ii »ort.)