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DURMONT, CÉCILE, MONTBRUN, MALIN VAL, ARMAND, LAMBERT

LAMBERT

Tenez, tenez, le voilà, Çurmont; yoilà sa iille.

MAJLINVAL.

Il va tout gâter.

ARMAND

Mademoiselle, monsieur Durmont, après les marques d'amitié que ce matin encore vous m'avez données, il m'est impossible de supporter votre froideur; si ma pi'ésence vous déplaît, je saurai vous en délivrer.

DURMONT.

Non, mon ami, vous resterez ; pardonnez-moi d'avoir pu croire un instant aux discours de Malinval ; mais ne lions plaignons pas : si l'un vous a nui en voulant vous servir, l'autre, en voulant vous nuire, vous a bien mieul servi.

ARMAND

Mais cCu moins qu'il me sdit permis de vous expliquer comment ce changement de nom, dont je sais que Vous êtes instruit, n'a rien que d'honorable.

DURMONT.

Je le sais, je sais tout : vous vous nbinihez Valbert; et vous êtes le fils de mon bienfaiteur , de celui qui, au

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momenl de s'embarquer à Nantes, me força d'accepter pour moi, pour ma mère, les premiers mille écus que j'aie possédés et qui ont été la source de ma fortune ; je voulais le remercier : « Ne croyez pas, me dit-il, que je vous donne cette somme, je vous la prête; lorscfue vous serez assez riche pour vous en i>{isser, vous la rendrez,* non pas à moi, mais au premier honnête homme que vous trouverez dans une position semblable à la vôtre ♦. »

IfALlNVAL.

Un beau trait!

LAUBBRT.

Un homme rare !

MONTBRUN

Il parait que je contribue à une reconnaissance pathétique....

DURMONT.

C'est vous, jeune homme, que je reconnais pour mon créancier. Recevez donc la main de ma fille et trente mille francs outre sa dot ; ces trente mille francs, vous les porterez sur le contrat de mariage.

ARMAND

Mais c'est beaucoup plu^....

DURMONT.

Et les intérêts de vingt ans ! A les prendre au cours d'aujourd'hui, je me trouve encore votre débiteur : ma fille.... je vous la donne; mais l'argent, je ne fais que vous le prêter aux conditions qui m'avaient été imposées par votre père.

MALIN VAL

Toujours aimable, toujours gai, le cher Durmont.

*0n attribue ce trait à Franklin. Voilà ce qu'il dit, m'a-t-on assuré, à un homme honnête et malheureux qu'il obligeait de sa bourse suivant ses moyens. J'ai grossi la somme prêtée ou plutôt donnée, en vertu du privilège que les auteurs comiques s'arrogent de distribuer dans leurs comédies l'or et l'argent à pleines mains.

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