‹ Théatre. Avec une introdChapitre 253 sur 342 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

DOBSAT seul, lisant la fin de sa lellro.

« De grâce, madame, ne détruisez pas un reste d'es- « pérance, et croyez à la pureté de mes sentiments ainsi « qu'à mon profond respect.

« Adolphe DE Brémont. »

C'est adroit de m'être donné ce feux nom de Brémont. Dois-je faire parvenir celte lettre? Y répondra-t-on? J'en doute : mettons toujours l'adresse, (ii écrit. ) « A madame de Montalan, rue Chantereine. » Parbleu, je suis un grand étourdi ; j'ai une femme charmante que j'adore ; je trouve dans mon ménage le repos et la paix, et je vais peut-être sacrifier mon bonheur pour une intrigue dont le succès me paraît presque impossible. D'un autre côté, après avoir fait les premiers pas, mon amour-propre est intéressé à réussir ; cette madame de Montalan

est si jolie! J'aperçois au spectacle une femme qui laii sur moi la plus vive impression : je la suis; j'apprends que c'est madame de Monlalan, veuve d'un officier général. Je me présente chez elle sous le nom de Brémont. Je lui offre mes services pour je ne sais quelle liquidation qu'elle poursuit au ministère de la guerre. Elle me reçoit froidement; sa rigueur me fait perdre toute espérance. Je n'y pensais plus, lors(|ue je vais au salon, et le premier objet qui me frappe, c'est son portrait : cette vue renouvelle tous mes sentiments, et moi, qui me pique d'être le mo<lèle de tous les maris, j'ai In faiblesse, ou plutôt l'indiscrétion d'en faire faire une

copie, (il tire tlo M pocho uu |K>rlerouille «laii» Kquul o»t un portrait.)

K'y a-l-il pas de la fatalité dans mon aventure I

sgêm: 11.

DOHbÂl, LN COMMIS, «vvc dv« |>a|>ier« & la iiibiit. tB COMyiS.

Monsieur!

DORSAI, cacbani précipiUmment lo portefeuille.

Eh bien, qu'est-ce encore?

LB COMMIS

M. Desnoyers, ce gros parfumeur qui demeure à côté de riiôtel, voudrait emprunter mille écus pour subvenir aux frais de son procès en séparation contre sa femme.

DORSAI.

Fi donc ! voudrais-je tremper dans un pareil scandale? Qui, moi, prêter à un mari pour qu'il plaide contre sa femme !

LE COMMIS

Mais, monsieur, c'est un liomme très-solide !

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