SCÈNE IL BOURDEUIL, MADAME DORSAL
BOURDEUIL.
Ma foi, madame Dorsai, sans vous j'étais perdu; certainement c'est un grand malheur que de vivre mal avec sa femme, mais encore, lorsqu'on en connaît le motif, on s'en console plus facilement.
370 LES DEUX MhNAGKS.
MADAME DORSAI, d'un ton grare.
Monsieur Bourdeuil, je suis enchantée que nous soyons seuls : je désireraiâ avoir un moment dVntrctien avec vous.
BOURDBUIL, étonné.
Avec moi, madame?
MADAMR DORSAI.
Oui; vtuilk"/ voir, je vous prie, si personne ne nous écoute.
BOURDBUIL, à part.
OÙ veut-elle en venir?
MADAME DORSAI.
J*aime votre femme comme ma propre sœur; nous n'avons que vous d'amis; il est naturel que nous nous intéressions à tout ce qui vous concerne.... et j'espère que le sujet de notre conversation ne vous paraîtra ni indiscret ni déplacé.
BOURDBUIL.
Parlez, madame, parlez, (a pan.) Allons, encore quelque chose de nouveau.
MADAME DORSAI.
Grâce à Tascendant que j'ai sur le caractère de madame Bourdeuil, je suis enfin parvenue à vous réconcilier. Il ne me reste plus maintenant qu'à vous donner des conseils qui vous seront utiles, si vous les suivez, et qui préviendront le retour des contrariétés dont votre conduite est la cause.
BOURDBUIL, Tiremcnt.
Ma conduite?.'.. Mais, madame, je vous prie de croire que tout ce dont je suis accusé est faux.... totaîement ^Aux, et que la calomnie seule peut avoir....
MADAMb DORSAI.
Je sais d'avance ce que vous allez me dire : croyez-