SAINVILLE, MADAME DE MIRGOUR, MARIE
MADAME DE MIRGOUR.
Ah! vous voilà, monsieur?
SAINVILLE
Oui, madame; c'est encore moi.
MADAME DE MIRGOUR.
Vous ne deviez plus revenir.
SAINVILLE
Ce n'est pas vous que je cherchais, madame; c'est monsieur votre oncle.
MADAME DE MIRGOUR.
Ah! mon oncle?
SAINVILLE
Oui, madame, votre oncle.
MADAME DE MIRGOUR.
Je vous en remercie pour lui ; mais savez-vous que ce que vous me dites n'est pas trop galant?
SAINVILLE
Comme il paraît que mes visites n'ont pas le bonheur de vous plaire....
MADAME DE MIRGOUR.
Fort bien. Vous me boudez?
SAINVILLE
J'aurais tort, peut-être?
MADAME DE MIRGOUR.
Non ; car je suis plus franche que vous, moi. Osez me
dire que ce n'est pas pour moi que vous revenez, malgré vos serments.
SAINVILLB.
Je reviens... Eh bien, oui, madame, je ivm. ii> p.nir vous ; mais malgré moi, je vous en avertis.
mâdamb de mircour.
Et moi, je conviens que j'ai été méchante, injuste. Écoutez, colonel ; il faut être indulgent pour ses amis. J'ai beaucoup de dél'autc, mais vous voyez au moins que je n'ai pas celui de l'obstination.
SâINVILLB, en lui baisant la main.
Charmante ! Et moi, n'ai-je pas été presque aussi enfant que vous, de m'emporter?
MADAME DE MIRCOUR.
Oh ! il y avait sujet. Mais si je suis capricieuse, bizarre, inconséquente pour des bagatelles, je suis constante en amitié. Je brusque quelquefois mes amis ; je reviens à eux.- Avez-vous les couplets que vous m'apportiez ce matin?
SAINVILLB.
Hélas! non. Tremblant d'être aussi mal reçu...
MADAME DE MIRCOUR.
Envoyez-les donc chercher bien vite. Mais vous avez des affaires avec mon oncle, je vous laisse ; nous nous reverrons : Songez que j'attends vos couplets. Vien Marie, emporte cette cage ; il est charmant, ce petit serin; tu es une bonne fille, .et le colonel est un fort lion-
nête homme. (Elle sort avec Marie.)
SAINVILLB.
On n'est pas plus aimable que cette femmc-là.