SCÈNE X
MADAME SINCLAIR, DORIGNY, SAINT-LAURENT, LOUISE, BARDOLIN, ANATOLE, MADAME SAINT-LAURENT.
MADAME SINCLAIR
Approchez, avancez, mes chers parents. Vous êtes surpris que je sois entrée sur-le-champ en conversation avec monsieur, et peut-être voudriez -vous connaître l'objet de notre conférence ?
MADAME SAINT-LAURENT
Nous respectons vos secrets, ma tante.
MADAME SINCLAIR
Vous serez instruits quand il en sera temps. Monsieur Bardolin, qu'est-ce qu'un certain Dorval, dont on m'a parlé ce matin?
BARDOLIN, embarrassé.
Dorval... ma chère tante? (a part.) Ah! mon Dieu!
68 lA VIEILLE TANTE
qu'est-ce qui a pu dire cela à matante? {h»ui.) Ce Dorval est un homme qui me doit de l'argent depuis longtemps, et à qui je soupçonne une fort mauvaise volonté.
MADAME SINCLAIR
Point du tout. C'est un honnête homme ; il est malheureux, il a des enfants, et il ne demande que du temps.
MADAME SAINT-LAURBNT.
Il faudrait être bien cruel pour lui on refuser.
BARDOLIN.
Eh ! bon Dieu, ma tante, vous savez combien je suis humain et raisonnable. Que M. Dorval vienne me trouver, et je suis prêt à prendre avec lui tous les arrangements... (bm, à son fils.) Cours chez l'huissier, et qu'il suspende les poursuites.
ANATOLE
Oui, mon père, (ii sort.)
MADAME SINCLAIR
OÙ va donc votre fils ?
BARDOLIN.
Il ne peut pas déjeuner avec nous.
Ah !... Mon Dieu ! que vous avez là une jolie robe, madame Saint-Laurent ! Vous en avez sans doute donné une pareille à votre fille ?
MADAME SAINT-LAURENT
Croyez-vous que cette couleur irait bien à Louise?
MADAME SINCLAIR
C'est à mou âge qu'il faut être difficile sur le choix des couleurs ; mais au sien!
BARDOLIN.
On embellit tout ce qu'on porte.