‹ Théatre. Avec une introdChapitre 73 sur 342 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

BARDOLIN, MADAME SAINT-LAURENT

MADAME SAINT-LAURENT

Quoi, mon cousin, vous' pensez à acquérir en viager tout le bien de ma tante ?

BARDOLIN.

Quoi! ma cousine, vous pensez à un legs universel en faveur de votre fille ?

m LA viKiLLi: TA mi;.

MADAME SAINT-LAURENT

C'est avoir une imacrination bien active en matière d'intérêt.

BARDOUN.

Allons au fait. Est-ce maladresse, est-ce trahison de la part de ce notaire? je ne siiis; mais enlin, nui tante est instruite; elle a instruit Vemissac. Ma tante nous joue; rien n'est plus clair. Nous voilà tous les deux écralement en péril par les menées du provincial. Il nous a dit juste ce qu'il a cru propre à nous brouilhi Oue cela serve à nous réconcilier. Nous sommes <!■ bonnes gens, d'honnêtes gens. Kst-cc qu'il n'y aurait pas moyen de nous entendre?

MADAME SAINT-LAURBNT.

Et bien, monsieur Bardolin, parlez.

DARDOLIN.

Parlons

MADAME SAINT-LAURENT

Avez-vous quelque projet ?

BARDOLIN.

Vous-même, en avez-vous ?

MADAME S\1NT-LAURBNT.

Est-ce de moi que doivent venir les premières paroles ?

BARDOLIN.

Il est un moyen, lumineux, infaillible....

MADAME SAINT-LAURENT

C'est....

BARDOLIN.

De marier nos enfants.

MADAME SAINT-LAURENT

Ah ! ah !

ACTt: II, SCtNE XIV. 07

BARDOLIN.

Il pare à tous les danu:ers ; il réunit tous les avantages.

Madame saint-laurent.

Qu'est-ce que c'est que ce titre, cette grande place de iinance qu'on fait espérer à votre fils?

BARDOLIN.

C'est mieux qu'une espérance : j'attends une lettre du ministre. Il ne s'agit que de trouver le cautionnement. Je n'en suis pas en peine.

MADAME SAINT-LAURENT

Votre fils ne manque parfois ni de sens ni de jugement.

BARDOLIN.

Votre fille est jolie, bonne, spirituelle.

MADAME SAINT-LAURENT

Ils se conviennent.

BARDOLIN.

Nous nous convenons.

MADAME SAINT-LAURENT

Marions-les.

BARDOLIN.

Eh bien, vous plaignez-vous encore de mon imagination ?

MADAME SAINT-LAURENT

Non, sans doute. Il ne s'agit que d'amener ma tante à approuver notre plan.

BARDOLIN.

Qu'y pourrait-elle blâmer? C'est honnête.

C'est délicat.

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