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SAINT-LAURENT, MADAME SAINT-LAURENT, BARDOLIN, ANATOLE

ANATOLE

Gomme c'est humiliant pour mon père et pour moi !

SAINT-LAURENT

Quel parti prendre, monsieur Bardolin?

BARDOLIN.

Ce n'est point mon fils qu'on veut marier malgré moi. Je vous engage à obéir à ma tante.

ANATOLE

Vous m'abandonnez, mon père !

BARDOLIN.

Que veux-tu, mon enfant? Louise ne t'aime pas; c'est

un malheur. Il faudra nous contenter de ce qui nous revient.

MADAME SAINT-LAURENT

Vous penseriez à me faire pajer le dédit !

BARDOLIN.

Mon tils et moi, ne sommes-nous pas déjà assez malheureux 1...

Vous voyez, monsieur Saint-Laurent; si vou> u.inmz pas signé ce fatal papier....

SAINT-LAURBNT.

Eh bien, quoi I vous me le reprochez l N'est-ce pas vous qui m'avez forcé?...

MADAME SAINT-LAURBNT.

Est-ce qu'une femme prévoit les conséquences? Il

fallait m'avertir.

SAINT-LAURENT

Eh bien, nous payerons le dédit.

MADAME SAINT-LAURENT

Oui, sans doute, une dot, un dédit. Ruinons-nous pour notre fille. Il est bien cruel de se trouver ainsi entourée de gens avides, intéressés.... Et moi, qui n< suis animée que du désir de voir ma fille heureuse, qui voudrais n'écouter que l'amitié que je me sens pour ma famille, je me trouve victime....

BARDOLIN.

Dites-vous vrai? îs'est-ce donc pas le cas de montrer un peu de caractère, et de résister à notre tante ? Nou> déshéritera-t-elle? Non. Elle s'emportera. Elle est prompte et vive, la chère dame; mais une fois leur mariage fait, elle oubliera qu'elle s'y est opposée. Supposons qu'elle s'en souvienne. Au premier petit-enfant que nos enfants nous donneront, nous irons tous en

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