‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 101 sur 194 · MONSIEUR DUPRE, MADAME DUPRÉ · texte numérisé non relu

MONSIEUR DUPRE, MADAME DUPRÉ

MONSIEUR D U p R É , J iV? fcniiiie qui entre.

Mais qu'as-tu donc enfin?

D'où te vient cet air sombre et rêveur ce matin?

i8o l'éducation ou lhs deux cousines

MADAME DUPRÉ

Je ne puis vous le dire.

monsieur DUPRÉ.

Et la raison?

MADAME DUPRÉ

Je n'ose; J'aurais mauvaise grâce à vous conter la chose. Car vous me blâmeriez, j'en suis sûre.

MONSIEUR DUPRÉ

Pourquoi?

Ma femme, sois un peu confiante avec moi; Parle-moi franchement, et sois bien assurée...

MADAME DUPRÉ

C'est qu'hier j'ai passé la plus triste soirée!

De faire les honneurs on m'épargna le soin,

Et, pendant tout le bal, je restai dans un coin.

En vain j'ai plusieurs fois essayé de paraître.

Les femmes avaient l'air de ne pas me connaître;

Et quant aux jeunes gens, pas les moindres égards!

Ma fille seule était digne de leurs regards,

Et ces jolis messieurs, couverts de musc et d'ambre.

Semblaient ne voir en moi que sa femme-de-chambre.

Heureuse d'attirer les yeux de toute part,

Laure, de son côté, m'a laissée à l'écart;

Elle n'a pas daigné s'occuper de sa mère.

MONSIEUR DUPRÉ, avc'C doitccur.

D'un orgueil insensé punition amère!

C'est vous-même, ce sont vos bienfaits Imprudents,

Q^ui la font aujourd'hui rougir de ses parents.

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