ACTE PREMIER
SCÈCNiE TT{EéMIÈ\E
DERVILLE seul. Il a di'vaiit lui une table, un pupitre à écrire, et plie un billet.
Oh ! vraiment, c'est trop fort, ma petite comtesse; Vous êtes fatigante à force de tendresse. De vos grands sentimens je vous suis obligé; Mais j'aime mon repos.
// appose sou cachet.
Voici votre congé.
Vous faites de l'amour un pénible esclavage : Quel ennui, juste ciel ! c'est presque un mariage.
2l8 LE MARI A BONNES FORTUNES
Il met la lettre dans sa poche et en prend une autre sur h pupitre.
Relisons ce billet à la jeune lady.
Deux lettres en deux jours, c'est peut-être hardi; Mais brusquer, en amour, est assez ma méthode. Puis elle habite Auteuil, et cela m'est commode : Mur mitoyen!... D'ailleurs, je veux savoir comment Aux bords de la Tamise est fait le sentiment. Moi, je fus de tout temps observateur dans l'âme.
SCÈC^E II
ADÈLE, DERVILLE
D E RV I L L E , sans se retourner.
Qui va là ?
ADÈLE, tiniidevient.
Moi, Monsieur.
DERVILLE, toujours USSis.
Comment! c'est toi, ma femme?
ADÈLE
C'est moi-même.
DERVI LLE.
Hé! bon Dieu! par quel heureux destin Ai-je donc le plaisir de te voir si matin ? Il fait à peine jour.
// se lève pour lui baiser la main.