ACTE II, SCÈNE I
CHARLES
J'étais auprès de ma cousine, Quand je fus informé de ce qui se passait; Mais elle n'a rien su de ce qu'on m'annonçait. Pour la quitter, j'ai pris la première défaite; Enfin, je ne crois pas qu'elle soit inquiète. Non, j'ai su lui donner le change.
Allons, tant mieux!
FRANVAL
Derville vous avez été bien généreux.
DERVILLE
Je n'ai fait qu'obéir à la délicatesse.
F ranval.
Pas du tout, vous avez montré de la noblesse. Vous auriez pu tirer, et quand on est adroit...
DERVILLE
A de tels complimens, Monsieur, je n'ai pas droit, Et vraiment, ma conduite est toute naturelle. Vous ne connaissez pas l'objet de la querelle? Cet homme est si jaloux qu'il en est fou, je croi. 11 prétend que sa femme a des bontés pour moi. Il dit même partout qu'il est sûr de la chose; Oh ! le drôle de corps ! enfin, il me propose Un duel que j'accepte! il fait feu le premier. Manque, et je tire en l'air. Doit-on se récrier ? Cette admiration est très-mal entendue; l'our l'avoir offensé, faut-il que je le tue?
CHARLES
C'est fort bien raisonner. Mais...
D ERVl LLE.
Pourtant, selon moi, Il eut un bien grand tort.
FRANVAL
Et quel est-il ?
DERVILLE
Pourquoi M'avoir mis en rapport avec sa jeune épouse?
F RANVAL.
Vous aimez donc les gens d'humeur sombre et jalouse?
DERVILLE, fiappaut sur Vcpaidc Je Charles.
Ces maris-là devraient nous connaître, et savoir Qu'une femme ne peut impunément nous voir.
F RANVAL, à part.
Le fat!
Haut.
Mais j'ai perdu toute la matinée; Je veux mettre à profit la fin de la journée. Et réparer le temps que ce duel m'a pris. Serviteur! je vous quitte, et je vais à Paris.
DERVI LLE, le rappelant .
Ah! Franval, à propos, j'oubliais de vous dire...
F RANVAL, s'arrètanl.
Et quoi donc ?