‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 188 sur 194 · DERVILLE, ADÈLE · texte numérisé non relu

DERVILLE, ADÈLE

Derville entre en continuant ses éclats Je rire.

ADÈLE, (/ son mari.

Eh quoi! c'est vous, Monsieur?

DERVILLE, lui baisant la main.

Adèle, te voilà.

Il rit encore.

ADÈLE

Qu'avez-vous donc?

I) E RVI L L E.

Jamais je n'oublîrai cela.

Nouveaux rires.

La drôle d'aventure! Elle va te surprendre.

ADÈLE

Quoi donc?

DERVl LLE.

Si tu savais ce que je viens d'apprendre!...

Enfin...

DERVILLE

Ton froid cousin, à qui nous reprochions De ne tenir à rien, de fuir les passions, Eh bien! ma chère, il aime avec idolâtrie; L'amour a triomphé de la géométrie!...

Il est rempli d'un feu discret et sans espoir! Mais bien qu'il m'eût caché qu'il avait pour ce soir Un rendez-vous, auquel la nuit prêtait son voile, Je l'ai su!... Le hasard, ou plutôt mon étoile M'a conduit sur les lieux; j'ai pu voir tout de loin, Et vais te raconter ce dont je fus témoin.

ADÈLE, vivCVh'ut.

Non, non, n'en faites rien si vous voulez m'en croire...

DERVILLE

Pourquoi ?

ADÈLE, timidement.

J'ai peu de goût pour ce genre d'histoire.

DERVILLE

Quelle idée! allons donc, je veux absolument...

ADÈLE

Daignez me dispenser...

DERVILLE

Mais c'est que c'est charmant!

Mon récit te plaira, sois en sûre.

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