ACTE V, SCÈNE III 34I
MADAME DER VILLE
Permettez qu'il aille jusqu'au bout.
Son récit m'intéresse... et m'amuse surtout.
D ERVl L LE.
Néanmoins, je dois dire, historien fidèle, Q^u'il parut un moment tout rempli d'un beau zèle; Mais cela dura peu! Pendant ce temps, ma foi, Je remplissais un rôle assez nouveau pour moi. Tandis que l'ami Charle était avec sa belle. Moi, gravement pour lui je faisais sentinelle; J'observais tout. Q^Lie dis-je ? en ce moment fatal, C'est moi qui du galant promenais le cheval.
A sa mac.
Mais ne trouvez-vous pas l'anecdote plaisante?
MADAME DER\'ILLE
Pardonne-moi mon fils; je la trouve charmante. J'en sais une à peu près pareille. Cependant, Elle est plus drôle encor que la tienne.
DERVI LIE.
Vraiment ?
Contez-la, nous pourrons juger des ressemblances.
MADAME DERVI LLE.
Ce sont absolument les mêmes circonstances : Un rendez-vous nocturne, un amant délicat, Respectant ce qu'il aime, et redoutant l'éclat; D'autre part, une femme, aussi jeune que belle; Un tiers qui se promène et qui fait sentinelle. Mon histoire diffère en deux points seulement!
Voyons cela.
MADAME DERVILLF.
Sais-tu quel était cet amant, Dont on raille si bien la vertueuse flamme?
DERVI L LE.
Qui donc ?
MADAME D ERV l LIE, fiueiUCtlt.
C'était, dit-on, le cousin de la dame.
DERVI L LE, riant.
Le cousin de la dame!
ADÈLE, à part.
O ciel!
DERVILLE
Il se pourrait!
MADAME DERVILLE
Et d'un autre côté, sais-tu bien quel était Cet ami complaisant, qui faisait sentinelle?
Avec force.
Le mari.
DERVILLE, foudroyé.
Le mari !
ADÈLE, à part.
Juste Dieu! que dit-elle?
DERVI LLE.
Quoi ! c'était le mari ?
MADAME DERVILLE, Singeant SOIl fils .
« Dans le moment fatal, « C'est lui qui du galant promenait le cheval. »