‹ Théatre (volume 3)Chapitre 157 sur 184 · ACTE, III SCÈNE X 30I · texte numérisé non relu

ACTE, III SCÈNE X 30I

Sans lui faire un aveu délicat et pénible,

Ce que vous proposez me paraît impossible;

Il viendrait me chercher, m'imposerait la loi

De revenir ici, malgré vous, malgré moi.

Souffrez donc que je reste; et croyez que personne...

ADÈLE

Non, Monsieur; le devoir, la raison, tout l'ordonne; Il faut vous éloigner.

CHARLES

Madame, permettez; Suis-je digne en effet de tant de duretés ?

Si vous savez le nom de celle qui m'est chère. Le hasard vous l'apprit; moi, j'avais su me taire. Que pouvais-je de plus? J'ai fait ce que je doi; Vous n'avez pas sujet de vous plaindre de moi. De grâce, descendez dans le fond de votre âme : Le mal est fait, c'est moi qui le ressens, Madame; Et vous ne craignez pas qu'il soit contagieux. Oui, c'est moi, c'est moi seul qui serai malheureux. Rassurez-vous, je sais à quoi l'honneur m'oblige.

ADÈLE

Faut-il le répéter, je le veux, je l'exige.

CHARLES, avec feu.

Ah! puisque vous poussez l'injustice à ce point. Je suis chez mon ami, je n'en sortirai point. Envers vous, envers lui, je ne suis pas coupable. Mon cœur est pur enfin, ma vie inattaquable; Ici, le front levé, je puis toujours venir; J'y viendrai. De quel droit voulez-vous m'en bannir? Pourquoi cette exigeance altière, impérieuse?

ADÈLE, avec douceur, Charles, voudriez-vous me rendre malheureuse?

CHARLES

Qui? moi? grand Dieu! ce mot décide de mon sort; Je ne résiste plus. C'est l'arrêt de ma mort, Mais, je vais obéir... Adieu. Soyez heureuse!

ADÈLE

Adieu.

SCÈD^E XI

ADÈLE, seule.

Combien son âme est noble et généreuse!

Il va donc s'éloigner; ah! tant mieux! désormais Je pourrai retrouver et le calme et la paix.

SCÈD^E XII

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