‹ Théatre (volume 3)Chapitre 2 sur 184 · CASIMIR BONJOUR · texte numérisé non relu

CASIMIR BONJOUR

Le vers tant cité de la Métromanie :

Les personnes d'esprit sont-elles jamais laides ?

devait être fait dans le dix-huitième siècle : il est encore plus vrai dans le nôtre. Chez les Turcs, il ne serait pas compris; il ne l'eût pas été chez la plupart des peuples anciens.

Sous le règne de Louis XIV, les Mères rivales devaient être moins communes que de nos jours. Ce travers alors n'existait guère que chez les grands; la bourgeoisie n'avait point de salons. Mais, à mesure que l'instruction et le luxe ont été plus répandus, et que, pour me servir de l'expression de l'un de nos plus spirituels critiques, la société est arrivée à un état de corruption élégante, ce défaut a du se multiplier.

Il est très ordinaire à l'époque où nous vivons. Quoique jeune encore, j'en ai vu de nombreux exemples; et depuis que cette comédie a été représentée, on m'a raconté une foule d'anecdotes dont j'aurais pu tirer parti, si je les eusse connues plus tôt. Plusieurs personnes ont pensé que j'avais dessiné d'après nature. On est venu me demander a moi-même, si je n'avais pas fait allusion à certaine grande dame, qu'on ne m'a pas nommée, et qui, comme M*"' Dorval, est mauvaise mère et dame de charité. Je saisis cette occasion, pour déclarer que je n'ai jamais eu personne en vue, et que le portrait que j'ai tracé est sans aucune application.

Je ne finirai point cet avant-propos sans payer ma dette aux acteurs qui ont joué dans ma pièce. Bien qu'aucune des personnes que l'on est convenu d'appeler exclusivement les grands talens, n'ait eu de rôle dans cet ouvrage, il a été représenté avec un ensemble extrêmement remarquable, et la Mère

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