SOPHIE, MADAME DORVAL
MADAME DORVAL
Approchez- VOUS .
SOPHIE, â part.
Je tremble!
MADAME DO KV AL y avec humeur .
Et n'ayez point d'eflfroi.
SOPHIE, à part.
Par quel tort ai-je pu rirriter contre moi ?
MADAME DORVAL
Écoutez, et parlez franchement, je l'exige.
Je reçois un avis qui m'étonne et m'afflige.
Ce matin même, ici, jugez de mon courroux, J*ai surpris un billet qui s'adressait à vous.
SOPHIE, à part.
Germon m'aurait écrit ! quel excès d'imprudence !
MADAME DORVAL
L'auteur est sûrement de votre connaissance ?
Mais où Tavez-vous vu ? dans quels lieux ? en quel temps?
Parlez.
SOPHIE
Je le connais depuis près de deux ans.
6o LA MÈRE RIVALE
Chaque soin complaisant qu'il a pour vous, Madame,
Est un gage nouveau qu'il donne de sa foi;
Et chaque égard pour vous, un hommage pour moi.
MADAME D OKV Al y Jxint et à part.
Me tromper!...
SOPHIE, avec vivacité.
Jugez mieux de sa délicatesse!
S'il vous a témoigné des soins, de la tendresse, Je puis vous protester qu'il sentait tout cela; Avant de vous connaître, il vous aimait déjà! Son unique désir est celui de vous plaire, Et son amour, celui d'un fils pour une mère.
Madame Dorvalfait un mouvement d* impatience.
Il ne connaît, pour vous, que ce doux sentiment, Madame; gardez-vous d'en juger autrement.
Tenez! si vous pouviez lire au fond de son âme. Son amitié pour vous vous toucherait. Madame. Ah ! daignez-y répondre, et combler notre espoir. Daignez...
MADAME DOKV AL y furieuse.
Retirez-vous ! je ne puis plus vous voir.
SOPHIE, àpart.
Que vas-tu devenir, malheureuse Sophie!
Elle sort.
MADAME DORVAL, Seule.
J'étouffe de fureur! je meurs de jalousie!
Il semble qu'apprêtant ses phrases avec art, La perfide, à plaisir, enfonce le poignard !... A quel rôle, grand Dieu! je me vois descendue! Quand il venait me faire une cour assidue.