DIALOGUE ENTRE UN VANDALE POLI ET MOI
LE VANDALE
Non, monsieur; non, monsieur,
MOI
// me semble pourtant que cette dernière proposition concilierait tout, les allusions n'étant plus directes,,,
LE VANDALE
Votre seigneur étranger est une mauvaise plaisanterie; les noblesses sont solidaires *.
MOI
Allons, monsieur, je me soumets. J'aime mieux faire un contre-sens que de perdre le fruit de deux années de travail,
LE VANDALE
Cela ne suffit pas, H convient que vous indiquiez positivement que votre Rosambert est un noble de Buonaparte, un homme enrichi par de mauvais moyens
MOI
Eh bien! je me résigne encore. Mais, maintenant que j'ai fait tant de sacrifices, puis-je du moins rétablir certains passages. J'en ai cité de bien inoffensifs. Vous qui avez Vhabitude de la scène, vous devez sentir, par exemple, que, , ,
LE VANDALE, m'intcrrompant vivement.
Monsieur, nous avons des mœurs! nous n allons point au spectacle ***.
Historique.
Historique, Historique.
l'éducation ou lis deux cousines
Ahf pardon; je croyais que, dans votre position, la chose était indispensable, et que vous ne jugiez pas les gens sans les entendre. Mais pour quel motif, dites-moi, ne pourrais-je pas garder le vers suivant :
Je prétends devenir l'ami de votre époun.
LE VANDALE
C'est qu'il serait sifflé. Ne voytzyvcus pas qu'il est indé-
Grani merci de votre attention ' Mais pourquoi i il pas permis de rétablir celui-ci :
Je ne méprise, moi, que ceui qui ne font ri
LE VANDALE
C'est qu'il serait applaudi**.
Mais, monsieur, je n'écris que pour l'être.
Tous les passages applaudis de nos jours sont séditieux D'ailleurs de quoi vous plaigaez-vous > nous avons remplac votre vers*".
DIALOGUE ENTRE UN VANDALE POLI ET MOI 8f
MOI
// est vrai; mais celui que vous avez substitué est peut-être un peu.,, terne. Rendez-moi le mien, je vous prie.
LE VANDALE
Je vous Vai déjà dit, votre vers serait applaudi; mettez le nôtre*.
MOI
Avec votre manière de juger, il n'y aura bientôt plus d'art dramatique en France.
LE VANDALE, me poussant doucement vers l'antichambre.
Le grand mal ! pensez-vous que les sociétés ne puissent pas exister sans théâtre > **
MOI
C'en est fait, je le vois; mon avenir est perdu! plus de comédies; je renonce à la carrière.
LE VANDALE, en fermant la porte.
Je vous en félicite; nous aurons un honnête homme de plus, et un auteur dramatique de moins ***.
* Historique.
•• Historique.
*"* Historique.
'PETISO'H.'K.^GES
DUPRÉ, négociant, père de Laure. MM. Damas.
DUVAL PÈRE, ami de M. Dupré,
et retiré à la campagne Devignt.
Monsieur de ROSAMBERT, frère
d*uue amie de pension de Laure. . . Michelot.
DUVAL FILS, caissier de M. Dupré. Firmin.
UN LAQUAIS en livrée Faure.
Madame DU PRÉ, mère de Laure. . , M"** Tousez.
LAURE, sa fille Mante.
CLAIRE, nièce de M. Dupré, et orpheline Brocard.
Madame j?* OR VAL, sœur de M. de Rosambert, et amie de pension de
Laure Dupuis.
FLORINE, demoiselle de comptoir. . . Demerson.
BABET, vieille domestique Desmousseaux.
Deux laquais
La scène est à Paris, dans le salon de M. Dupré, meublé et décoré à neuf.
L'Education Les Deux Cousines