ACTE I, SCÈNE I I I
LISETTE
Parbleu! je le crois bien, que tu ne la vois pasi
Finetpent.
C'est en particulier qu'elle prend ses repas.
COMTOIS
Tu plaisantes vraiment !
LISETTE
Ainsi le veut sa mère.
COMTOIS
Lisette!... là dessous il est quelque mystère... J'en suis bien aise : après le plaisir de conter, Selon moi, le plus grand est celui d'écouter. Tu vas de point en point, t'expliquer, ma petite;
Avec volubilité.
Dis-moi ce que tu sais; surtout dis-le moi vite!
LISETTE
Ma petite!... voyez comme il est familier!
Eh bien! non.
COMTOIS
Tiens, crois-moi, ne te fais pas prier.
Tu brûles de parler, je brûle de t'entendre ; Allons! Lisette, allons! ne nous fais pas attendre.
LISETTE, souriant.
Tais-toi, mauvais plaisant! va, si je le pouvais. Je ne te dirais rien; mais au moins tu promets...
COMTOIS, avec vivacité.
Parle, je promets tout, je meurs d'impatience.
LISETTE
Or donc, je te dirai que, depuis son enfance.
La fille de Madame était en pension,
Sans qu'ici jamais d'elle on eût fait mention.
Mais son institutrice enfin, à la vieillesse
Ayant payé tribut, notre jeune maîtresse
Par la poste chez nous arrivant un beau jour.
Nous apprend... qu'elle existe, et qu'elle est de retour,
COMTOIS
Quoi ! vous ne saviez pas qu'elle avait une fille. Vous qui... pour ainsi dire, êtes de la famille!
LISETTE
C'est une vérité, mon cher, voilà deux mois Que nous la vîmes tous pour la première fois. N'en sois pas étonné pourtant : Mademoiselle Dès l'enfance a quitté la maison paternelle, Et... je l'aperçois! Sors.
COMTOIS
Qui ? moi I
LISETTE
Retire-toi.
Elle vient pour causer un moment avec moi.
// sort.
SCÈD^E II