ACTE I, SCÈNE VII lOI
LAURE
Ah ! c'est, je le vois bien, le parti qu'il faut prendre. Oui, réflexion faite, enfin je reconnais Qu'il me convient beaucoup. Je n'oublierai jamais Et quel jour, et comment je fis sa connaissance! C'est à la pension, je vous l'ai dit, je pense ? Il m'avait, au parloir, vue à peine un moment... Qu'il fut épris de moi; c'est un homme charmant! N'est-il pas vrai qu'il a la plus belle figure?
Sans doute, mon enfant.
LAURE
Esprit, grâce, tournure.
Une immense fortune, enfin, pas un défaut, Ah! ma mère, c'est là le mari qu'il me faut.
MADAME DUPRÉ
Conviens aussi qu'il est d'un fort bon caractère.
LAURE
Oh ! oui, parfait I Je suis de votre avis, ma mère. Cependant il n'a pas cet air franc et loyal.
Ce langage du cœur, que j'aimais dans Duval.
MADAME DUPRÉ
Dans ses discours encor quelle délicatesse!
LAURE
Oui, moi, j'ai du plaisir à l'écouter sans cesse.
Quel choix de mots! on voit qu'il est homme de cour.
Comme avec élégance il me parle d'amour!
MADAME DUPRÉ
C'est qu'il t'aime.
l'éducation ou les diux cousines
Oh ! beaucoup. Pourtant, à le bien prendre.
Il n'a pas, dans les yeux, cette expression tendre. Et ce je ne sais quoi qu'on définirait mal.
Et que je vois toujours dans les yeux de Duval.
MADAME DUPRÏ.
Djval, toujours Duval! tu m'en parles sans cesse. Mais si pour lui tu sens une telle tendresse,
LAUKC.
Tenez! je ne vous cache pas Qu'en ce moment j'éprouve un extrême embarras. Quitter Duval 1 jamais je n'aurai ce courage... Ah 1 que je l'aimerais, s'il avait équipagel
SCÈCr^E VllI