ACTE II, SCÈNE IV
F A B R I c I o , entrant par la gauche.
Je viens vous inviter à prendre patience.
Appelé tout à coup près de son Excellence, Mon maître, qui sera libre dans un moment.
M'a dit de vous conduire en son appartement.
Pendant qu'elles sortent.
PstI pst!...
// les suit.
SCÈS^E IV
PEDRO, GUSMAN, accourant au signal par le fond.
PEDRO, entrant avec précaution .
La place est vide, occupons-la bien vite.
Fabrice m*a fait signe, il vient à notre suite. En attendant, as-tu combiné quelque plan?
Quant au mien, il est prêt, et le voici, Gusman. C'est à tes intérêts qu'ici je me rallie; Je m'attache à toi seul.
GUSMAN, surpris, A moi?
Nonchalamment.
Je t'en supplie, N'use pas sans succès un dévouement réel; Délaisse un malheureux qu'a délaissé le ciel...
Avec un soupir.
Que ne suis-je à ta place!
PEDRO, avec feu.
Et que n'ai-je la tienne!
A ta fortune il faut que j'oppose la mienne; Peut-être, mon ami, que la comparaison N'est pas sans poésie, et surtout sans raison.
Lentement, Tu sais bien qu'un aiglon, quand il part de la plaine, La quitte lentement, et s'enlève avec peine?
Rapidement, Mais s'il a pris son vol d'un sommet élevé.
Aux cieux, d'un seul élan, on le voit arrivé. Eh bien, entre nous deux telle est la différence : Au sommet de l'État placé par ta naissance.
Dans la position où le destin t'a mis.
Tu rencontres partout des parents, des amis...
HumUenient, Moi, je ne suis ami ni parent de personne.
Quelque soin, quelque peine, hélas 1 que je me donne, C'est tout au plus, mon cher, si j'aurai, vieillissant. Un bon point de départ; tu l'avais en naissant.
GUSMAN, d'un ton dolent. Oui, ce point de départ me mène à la misère, Et l'hôpital, voilà ma ressource dernière.
PEDRO, avec humeur.
C'est ta faute cent foisl... Ivre d'ambition. Don Raphaël caresse et craint l'opinion ; C'est là qu'est ton salut!
GUSMAN
Que faut-il que je fasse?
PEDRO, vivement.
Mon cher, il faut le voir, lui parler face à face.