ACTE III, SCÈNE X
SOPHIE, avec enthousiasme.
Tout!
BÉCLARD
Tout? Quel mot touchant!
Avec dignité.
Je ne pars point.
SOPHIE, étonnée.
Vous!!!
Moi; Avec feu.
Béclard ne sera pas moins généreux que toi.
SOPHIE, se jetant dans ses bras.
Cher époux !
BÉCLARD
Vois mes pleurs!
SOPHIE
Oh! comme je vous aime!
LAMBERT, essuyant une larme.
Tiens! Ne voilà-t-il pas que je pleure moi-même?
BÉCLARD, résolument .
Je vais, sans nul retard, sans hésitation.
Répondre au maréchal par ma démission.
SOPHIE, avec émotion .
Que de bontés!... Eh! bien, voyez mon exigence! Quand mon mari me fait un sacrifice immense.
J'ai quelque chose encore à réclamer de lui!...
BÉCLARD, vivement.
Parlez.
SOPHIE, avec dignité.
Monsieur, je suis oflPensée aujourd'hui.
Il faut donc qu'à l'instant, d'une main protectrice, Vous m'aidiez à frapper un acte de justice.
BÉCLARD, étonné.
De justice?...
LAMBERT, à part.
Écoutons.
BÉCLARD, souriant.
Avant tout, veux-tu bien Nommer le criminel?
SOPHIE, solennellement.
Qu'on appelle Julien.
L A M B E RT, à part et d'un air radieux.
Ah! mon petit Monsieur!
Lambert se dirige vers une porte latérale.
BÉCLARD, avec douceur, à Sophie.
Daigneras-tu m'instruire?..
SOPHIE, avec fermeté.
C'est quand il sera là que je veux tout vous dire.
BÉCLARD, gaîment.
Soit. Nous allons former, pour ce grave incident, Un tribunal d'honneur; j'en serai président.