‹ ThéatreChapitre 48 sur 253 · ACTE m, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VIII

Pour prix de nos efforts, de notre sacrifice, Nos lèvres, des élus vont boire le calice.

CYPRIEN

Mettons-nous à genoux, l'heure approche, je croi.

SÉRAPHINE

C'est penser sagement. Je vais demander, moi, Votre bonheur au Ciel, Cyprien.

CYPRIEN

Moi, le vôtre.

SÉRAPHINS

Restez de ce côté, je me place de l'autre.

A part.

En lui que de bonté!

CYPRIEN, à part.

Que son cœur est parfait!

SÉRAPHINE

Songeons à Dieu.

CYPRIEN

Laissons un profane sujet.

Et pour le Créateur quittons la créature.

SÉRAPHINE, toujours à part.

Mais en dépit de moi, ma distraction dure!

CYPRIEN, à part aussi.

Plus je tends vers le Ciel, plus je reste ici-bas.

Ils toussent et se regardent,

SÉRAPHINE, haut.

Priez-vous?

CYPRIEN

Pas encore. Et vous?

SÉRAPHINE

Je ne puis pas.

Monsieur l'abbé Vincent avait raison, je tremble Que nous ne puissions pas nous recueillir ensemble.

CYPRIEN

C'est vrai.

SÉRAPHINS

Si vous voulez, je vais m'éloigner?

CYPRIEN

Oui, Ou bien moi.

SÉRAPHINE

Non, je sors.

Vincent paraît dans le fond et se retire à la vue de Sérapînne qui sort.

scÈs^(iE IX

CYPRIEN, 5^tt/.

C'est vraiment inouil D'où provient donc en moi ce transport, cette ivresse? Près d'elle, malgré moi, je suis distrait sans cesse; En vain, pour me calmer, je lutte avec effort; Ah! la chair est bien faible et le Malin bien fort!... J'ai véritablement peine à me reconnaître; Un feu nouveau me brûle et saisit tout mon être. De douces visions je me sens tourmenté!...

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