SCENE II
Su}- la grand' roule.
LE RÉCITANT
Le gendarme, dans la campagne,
Il n'a que la Loi pour compagne.
La solitude est son orgueil.
Lui seul, de tout il a la garde,
Et partout ensemble il regarde,
Comme Dieu lui-même... Ouvrons l'œil!
Le gendarme, en grande tenue, Il éblouit la route nue; Tricorne et poitrail galonnés ; L'azur fleurit sur ses culottes ; Et le double encensoir des bottes Lui rend hommage... Ouvrons le nez!
Mais il a beau sonder la plaine ; Les vagabonds, les tire-laine, L'aperçoivent de tout là-bas A la splendeur qui le décore ; Certains, de plus loin même encore, Sans le voir, éventent son pas.
Et le gendarme solitaire Se demande par quel mystère Il ne peut remplir son emploi.
C'est TAugelus du soir qui sonne !
Et rien à l'horizon, personne En train de violer la Loi !