SCENE IL UN GARDE, CREON, CLEODAMAS, EPHYTE
Le Garde.
O vertu criminelle ! ô pieté funeste, Du mespris de la mort preuve trop manifeste !
i3» ANTIGONE.
Creon, Qu*est-ce? quelle nouvelle?
Le Garde.
Ha ! quel est mon mal-heur, D'avoir esté commis pour instrument du leur !
Creon.
Quoj! desja mon edict a trouvé des rebelles?
Le Garde.
Sire, pour faire otiir de mauvaises nouvelles, Qu'il faut faire sur soy de violens efforts, Et qu'on a de contrainte à les mettre dehors! La princesse Antigone...
Creon.
O mal-heureuse fille, Sur qui j'establissois l'espoir de ma famille ! O race détestable et digne de son sort !
Le Garde.
Secondée, à ce soin, par la veuve du mort. Vient d'estre auprès du corps dessus l'heure surprise. De son funèbre office achevant l'entreprise; Deux de mes compagnons, qui l'amènent icy. Vous la vont présenter, et l'estrangere aussi.
Ephyte.
Le Ciel a, jusqu'au bout, versé sur cette race Disgrâce sur mal-heur et mal-heur sur disgrâce.
Creon.
O masque de vertu ! que ta fausse beauté Couvre d'hypocrisie et de desloyauté !
Quoy ! cette misérable à mon fils destinée Sur le poinct d'accomplir cet heureux hymenée, Déclare maintenant sa haine contre moy.
Son refuge, son oncle, et son père, et son roy.