‹ Théâtre choisi; avec une étudeChapitre 103 sur 185 · SCENE IL UN GARDE, CREON, CLEODAMAS, EPHYTE · texte numérisé non relu

SCENE IL UN GARDE, CREON, CLEODAMAS, EPHYTE

Le Garde.

O vertu criminelle ! ô pieté funeste, Du mespris de la mort preuve trop manifeste !

i3» ANTIGONE.

Creon, Qu*est-ce? quelle nouvelle?

Le Garde.

Ha ! quel est mon mal-heur, D'avoir esté commis pour instrument du leur !

Creon.

Quoj! desja mon edict a trouvé des rebelles?

Le Garde.

Sire, pour faire otiir de mauvaises nouvelles, Qu'il faut faire sur soy de violens efforts, Et qu'on a de contrainte à les mettre dehors! La princesse Antigone...

Creon.

O mal-heureuse fille, Sur qui j'establissois l'espoir de ma famille ! O race détestable et digne de son sort !

Le Garde.

Secondée, à ce soin, par la veuve du mort. Vient d'estre auprès du corps dessus l'heure surprise. De son funèbre office achevant l'entreprise; Deux de mes compagnons, qui l'amènent icy. Vous la vont présenter, et l'estrangere aussi.

Ephyte.

Le Ciel a, jusqu'au bout, versé sur cette race Disgrâce sur mal-heur et mal-heur sur disgrâce.

Creon.

O masque de vertu ! que ta fausse beauté Couvre d'hypocrisie et de desloyauté !

Quoy ! cette misérable à mon fils destinée Sur le poinct d'accomplir cet heureux hymenée, Déclare maintenant sa haine contre moy.

Son refuge, son oncle, et son père, et son roy.

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