SCENE PREMIERE
HEMON SEUL.
Qu'on l'égorgé à mes yeux ! ô vertu sans défence ! Justice sans soustien, supplice sans offence ! O présage fatal pour un règne naissant, De s'arroser de sang, et de sang innocent! O belles fleurs sans fruict, accords sans hymenée ! J'avois bien, malgré vous, senty ma destinée; Et toy, mon cœur, et toy, qui m'en as adverty. Je te crûs justement, tu ne m'as point menty. Qu'on l'égorgé à mes yeux ! ô barbare sentence Contre la vertu même, et la mémè'innocence ! Souffrirez-vous, mes yeux, ce spectacle exposé? Je vous arracherois, si vous l'aviez ozé. Règne pernicieux ! joug certes détestable. Qui, dés le premier jour, presse tant qu'il accable ! Qu'attendra-t'on d'un roy de qui l'authorité Se déclare d'abord contre la pieté ,