ACTE V, SCENE 1. aJ
Qu'il veut que l'on souffre pour luy , Quand il daigne estre nostre appuy Et qu'il reconnoist que l'on l'aime, Influe une douceur extrême, Sans meslange d'aucun ennuy.
Pour luy la mort est salutaire;
Et, par cet acte de valeur.
On fait un bon-heur volontaire
D'un inévitable malheur;
Nos jours n'ont pas une heure seure ,
Chaque instant use leur flambeau,
Chaque pas nous meine au tombeau ;
Et l'art, imitant la nature.
Bâtit d'une mesme figure
Nostre bière et nostre berceau.
Mourons donc, la cause y convie; Il doit estre doux de mourir Quand se dépouiller de la vie Est travailler pour l'acquérir; Puis que la céleste lumière Ne se treuve qu'en la quittant.
Et qu'on ne vainc qu'en combattant , D'une vigueur masle et guerrière Courons au bout de la carrière Où la couronne nous attend.
t)6 SAINT GENEST.