‹ Théâtre choisi de Calderon;Chapitre 113 sur 165 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les précédents ■, astolphe.

ASTOLPHE

Heureux mille fois ce jour, ô prince, où vous vous montrez, soleil de la Pologne, où vous remplissez tout cet horizon de splendeur et d'allégresse par votre éclat divin ; puisque comme le soleil vous sortez du sein des montagnes. Sortez-en donc, et quoique votre tête se couronne si tard du resplendissant diadème, qu'elle vive longtemps !

SIGISMOND

Dieu vous garde !

ASTOLPHE

Vous ne me connaissez pas ; je vous excuse de ne pas me faire plus d'honneur. Je suis Astolphe, né duc de Moscovie, et votre cousin. Qu'il y ait égalité entre nous deux !

En vous disant que Dieu vous garde, est-ce que je ne vous témoigne pas assez d'égards ? Mais puisque, faisant parade de votre origine, vous vous plaignez, une autre fois, quand vous me verrez, je dirai à Dieu qu'il ne vous garde pas.

2 e VALET.

Que Votre Altesse considère que, comme il a été élevé dans les montagnes, il en agit de même avec tout le monde. Distinguez davantage Astolphe, seigneur.

SIGISMOND

Il m'a fatigué en se mettant à me parler avec emphase, et la première chose qu'il ait faite, ça été de mettre son chapeau.

2 e VALET.

C'est un grand.

SIGISMOND

Je suis plus grand, moi.

2e VALET.

Néanmoins il convient qu'entre vous deux il y ait plus d'égards qu'entre les autres.

SIGISMOND

Pourquoi vous mêlez-vous de moi, vous autres ?

Page 1