‹ Théâtre choisi de Calderon;Chapitre 121 sur 165 · ÉTOILE, ASTOLPHE · texte numérisé non relu

ÉTOILE, ASTOLPHE

ASTOLPHE

Qu'il arrive rarement que l'horoscope mente, quand il annonce des malheurs! Il est aussi sûr pour le mal que douteux pour le bien. Que je serais bon astrologue, si j'annonçais toujours des événements fâcheux! Car, sans aucun doute, mes présages se vérifieraient toujours. On peut en faire l'expérience en Sigismond et en moi, Étoile ; mais en nous deux, les effets sont différents. Dans lui, l'horoscope annonce des cruautés, de l'orgueil, des revers, des meurtres, et il a dit en tout point la vérité, car tout est arrivé à la fin. Mais en moi qui ai vu, madame, cette resplendissante beauté, auprès de laquelle le soleil n'est qu'une ombre, et le ciel un nuage, quand il m'a annoncé le bonheur, le triomphe, des joies, des biens de toute sorte ; il a dit à la fois la vérité et le mensonge ; car il ne peut s'accomplir, qu'en promettant des faveurs, et il ne fait recueillir que des dédains.

ÉTOILE

Je ne doute pas que ces galanteries ne soient la vérité pure ; mais elles s'adressent à une autre dame, dont vous portiez le portrait suspendu au cou, quand vous êtes venu me voir, Astolphe. Ainsi, ces compliments, elle seule y a droit. Allez près d'elle en recevoir la récompense. Dans la cour d'amour, ce ne sont pas des pratiques louables, que des galanteries et des protestations qui s'adressent à d'autres dames, et à d'autres rois.

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