SCÈNE XVIII
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ÉTOILE
Astrée ! Astolphe ! qu'est-ceci ?
ASTOLPHE
Voici Étoile.
rosaura (a part).
Que l'amour m'inspire une ruse pour recouvrer mon portrait ! (a Étoile) Si vous voulez savoir ce que c'est, Madame, je vous le dirai.
astolphe (bas à Rosaura).
Que vas-tu dire ?
ROSAURA.
Vous m'avez ordonné d'attendre ici Astolphe, et de lui demander un portrait de votre part. Je demeurai seule, et, comme les idées naissenf facilement d'un objet pour passer à un autre, vous voyant me parler de portraits, je me suis souvenue que j'avais le mien dans ma manche. Je voulus le voir ; une personne restée seule se distrait avec des bagatelles. Ce portrait est tombé de ma main à terre. Astolphe, qui venait vous remettre celui d'une autre dame, l'a ramassé, et comme il répugne à rendre, celui que vous demandez, au lieu de vous donner l'un, il veut donner l'autre. Comme je n'ai pu réussir à me faire rendre
le mien par les prières et la persuasion, dans mon dépit et mon impatience, j'ai voulu le lui arracher. Celui qu'il tient en ce moment, c'est le mien ; vous le verrez en reconnaissant qu'il me ressemble.
ÉTOILE
Donnez ce portrait, Astolphe. Celle le lui arrache de la main.)
Madame...
ÉTOILE
Les nuances ne sont pas trop dures.
ROSAURA.
N'est-ce pas le mien ?
ÉTOILE
Qui en doute ?
ROSAURA.
Dites-lui maintenant de vous donner l'autre,
ÉTOILE
Prends ton portrait et retire-toi.
rosaura (à part).
J'ai recouvré mon portrait ; qu'il arrive maintenant ce qui pourra. (Elle sort.)