SCÈNE XX
{Ju-ême décor qzi'à la- première scène de la première journée. — On voit sigismond, comme au commencement, vêtu de ¿eaux et enchaîné, endormi à tare.) CLOTALDE, deux valets et CLAIRON.
CLOTALDE.
Vous pouvez le laisser ici, puisqu'aujourd'hui son orgueil finit où il a pris naissance.
Ier VALET.
Je rattache la chaîne comme elle était.
CLAIRON
Ne t'éveille pas, Sigismond, pour être témoin de ton malheur. Ton sort est changé ; ta feinte gloire était une ombre de la vie, une flamme de la mort.
CLOTALDE.
A un homme qui sait si bien raisonner, il faut préparer une demeure où il puisse argumenter tout à son aise. (Aux valets.) C'est maintenant celui-ci qu'il faut arrêter ; enfermez-le dans cette pièce.
M'arrêter ? pourquoi ?
CLOTALDE.
Parce qu'il faut tenir bien enfermé un Clairon qui sait tant de secrets, afin qu'il ne puisse résonner.
CLAIRON
Est-ce que, par hasard, je veux donner la mort à mon père ? est-ce que j'ai jeté par le balcon un Icare de peu de chose ? est-ce que je songe ? est-ce que je dors ? Pour quelle raison m'enfermer ?
CLOTALDE.
Tu es Clairon.
CLAIRON
Eh bien ! je serai cornet à bouquin, et je me tairai; c'est un bien vil instrument ! (On l'emmène.)