‹ Théâtre choisi de Calderon;Chapitre 36 sur 165 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Les précédents % octave ettotis les paysans,

OCTAVE

De la vallée la plus profonde jusqu'au plus haut sommet de cette montagne, il n'en est pas resté un seul vivant ; Eusèbe seul s'est échappé, parce que ce soir enfuyant...

EUSÈBE

Tu mens ; Eusèbe n'a jamais été lâche. TIRSO.

Est-ce ici, Eusèbe ? Qu'il meure !

Approchez, villageois !

CURCIO.

Arrête, Octave, attends.

OCTAVE

Comment, seigneur, vous qui devez nous animer, vous reculez maintenant !

BRAS

Vous défendez un homme qui a trempé son fer dans votre sang et porté le déshonneur dans votre famille !

GIL

Un homme qui a eu la hardiesse de ravager toute cette montagne ! qui n'a pas laissé dans le village, ni un melon, ni une jeune fille sans y goûter ! Il a tué tant de monde, comment pouvez-vous le défendre ?

OCTAVE

Que dites-vous, seigneur ? que prétendez-vous ? CURCIO.

Attends, écoute (triste accident !), combien il vaut mieux qu'il aille en prison à Sienne ? Rends-toi prisonnier, Eusèbe ; je te promets et je te jure, foi de gentilhomme, de venir à ton aide ; je serai ton avocat, quoique partie dans le procès.

EUSÈBE

A Curcio seul je me rendrais, mais à mon juge je ne le puis; car pour lui c'est le respect qui m'inspire, pour l'autre ce serait la crainte.

OCTAVE

Mort à Eusèbe !

CURCIO.

Fais attention...

octave .

Quoi, vous voulez le défendre ? vous êtes traitre envers votre patrie.

CURCIO.

Moi traitre ? Puisqu'ils m'insultent de cette manière, pardonne-moi, Eusèbe, si je dois être le premier à te donner une aussi triste mort. EUSÈBE.

Retirez-vous de devant moi, seigneur, votre vue me trouble. En vous voyant, je ne doute pas que vos gens ne vous regardent comme mon bouclier. (Ils sortent tous en attaquant Eusèbe.)

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