‹ Théâtre choisi de Calderon;Chapitre 54 sur 165 · SCENE VIL Les précédents, moins lisard · texte numérisé non relu

SCENE VIL Les précédents, moins lisard

FÉLIX

Était-ce l'heure de nous voir, Célia ?

CÉLIA.

Ne soyez pas surpris, que je ne me hasarde pas à venir vous trouver, car, si ma maîtresse savait que je vous ai vu, assurément elle me tuerait.

FÉLIX

Est-elle donc si cruelle envers moi ?

CÉLIA.

Je venais de ce côté faire une commission, je n'ai pas voulu passer sans vous voir et vous parler.

FÉLIX

Et que fait ta belle maîtresse ?

CÉLIA.

Elle ne fait qu'une chose, se désoler de votre ingratitude.

FÉLIX

Qu'il plaise à Dieu de m' abandonner, si je l'ai offensée !

Pourquoi ne le lui dites-vous pas, à elle ?

FÉLIX

Parce qu'elle ne veut pas m'écouter.

CÉLIA.

Si vous saviez être discret, je me hasarderais à vous conduire dans un endroit où vous lui parleriez.

PREMIÈRE JOURNÉE. IIÇ

FÉLIX

Ah ! Célia, je serai aussi muet que le marbre.

CÉLIA.

Eh bien ! venez avec moi. Je vous ferai signe, si mon maître sort, et je laisserai la porte ouverte.Vous pourrez entrer jusqu'à son appartement.

FÉLIX

Tu me ranimes, Célia, tu me rends une nouvelle vie.

CÉLIA.

C'est l'heure la plus favorable ; n'attendez pas davantage, venez avec moi.

FÉLIX

Je vais sur tes pas.

célia (à part).

Ah ! nigauds î qu'il est facile de conduire un amant dans la maison de sa maîtresse î (Ils sortent),

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