SCÈNE XIII
DROUILLET, Madame RIGAULT, RIGAULT, entrant par la coulisse q^i suit immédiatement la maison de droite,
EIGAULT.
Eux-mêmes, parbleu I
DROUILLET.
Si matin sur pied !
EIGAULT.
Nous venons chercher votre Sophie, notre chère enfant! car bientôt nous pourrons lui donner ce nom, s'il- plaît à monsieur mon fils d'arriver.
DEOUILLBT.
Sans doute, sans doute I mais (fu'a donc la bonne
MADAME BIGAX7LT.
Je suis triste, inquiète.
DROUILLET.
De qui ?
MADAME RIGAULT
De Prosper. Je reçois une lettre de son colonel ; il m'annonce qu'il doit être à Paris depuis huit jours, et qu'il a remarqué en lui une exaltation d'imagination qui exige tous nos soins.
DROUILLET, an peu déconcerté.
Ah ! ahl voulant dire par là qu'il le croit... timbré... (A part.) Ceci me- défrise en grande partie.
RIGAULT
Allons! n'allez-vous pas croire?...
MAT)AMW RIGAULT.
Je me suis informée, et j'ai appris aux grandes messageries qu'il était effectivement arrivé... J'ai vu tous nos amis : personne n'a entendu parler de lui.
BIGAULT, avec intérêt.
Allons ! ne vas-tu pas t'inquiéter ? Ne savons-nous pas qu'il laissait ici une amourette, une folie de jeune homme ?... H aura voulu renouer... (a part.) L'ingrat I donner de pareilles inquiétudes à ma femme qui le croit son fils !... Ah I si je ne craignais son désespoir, je la désabuserais !
DEOUILLET.
Il arrivera, madame Rigault, il arrivera... A son àg^i J6 faisais des escapades indignes.
RÎGAULT, à Drouillet.
Entrons chez vous.
MADAME RIGAULT
C'est cela ! je vais embrasser notre Sophie, et ensuite je continuerai mes démarches. J'ai encore à voir un des amis de Prosper, qui demeure à deux pas d'ici... Puisse-t-il me mettre sur ses traces !
RIGAULT
Ne t'afflige donc pas !
DROUILLET.
Eh! mon Dieu! les jeunes gens !... Nous avons tous été jeunes ; c'est dommage qu'il y ait longtemps.
AiH : Doux moment DROUILLET.
Plein d'espoir (bis) Je vous remets ma fllle ; Ah ! que votre famille L'accueille dès ce soir.