MAD.UIE RIGAULT, VINCENT
MPADAME BIOAULT, à la cantonade.
Restez, restez; je vous retrouverai à la maison.
(Apereetant Yineent.) Âh I mOU Dicul... Âh ! mOU DicU !
Elle le regarde d'un air ému.
VIKOEKT, la regardant d*un air étonné.
Qu'est-ce qu'elle me veut, celle-là ?
MAnATtfE BIGAULT.
C'est toi?
•VINCENT
Eh bien 1 qui donc ?
MADATtfE BIOAULT.
Mon ami I... mon enfant! ah! viens dans mes bras!
YIKOILNT, atec étonnemcttt.
Pourquoi faire dans vos bras, grand Dieu ?
PROSPER ET VINCENT. 39ë
MADAME BIGAULT.
Ingrat I as-tu bien pu nous laisser dans une pareille inquiétude ? depuis plus de huit jours... et sous quel costume te retrouvé-j e ?
VINCENT, à part.
Je ne comprends pas un mot à ce que dit cette dame âgée. (Haut.) Je suis sous le costum» d'un herboriste sans place.
MADAME BIGAULT, à part.
Herboriste!... Est-ce que le colonel aurait dit vrai ? (Haut.) Mon ami ! reviens à toi I je t'en conjure... comment n'as-tu pas préféré rentrer sous le toit paternel, où je t'attendais, où je t'attends encore pour te presser dans mes bras, pour te couvrir de mes baisers, de mes caresses.
Elle s'aTauce pour embrasser Vincent qui la repousse par les épaules, la fait reculer jusqu'au milieu du théâtre, et se recule ensuite luimême d'un air surpris.
VINCENT
Tiens ! tiens ! tiens I tiens I tiens !
MADAME BIGAULT.
Tu ne me réponds pas ?... tu me regardés d'un air...
VINCENT, après uoe pause, pendant laquelle il regarde avee inquiétude
madame nigault«
Ah ça 1 voyons ! vous me parlez d'entrer chez vous; ça peut m'aller... ça peut très-bien m'aller, surtout dans ce moment ici, je puis être employé à bien des petites choses; d^abord... je connais les herbes comme si je les avais inventées... et puis je suis plein de moyens... il n'y a pas à dire ; plein de moyens.
KABAMK BIGAULT, arec doalear.
Malheureux eïifant I tu ne reconnais pas ta mère ?
VINOKXT, au comble de l'étonnement.
Vous? (A part en s'éloignant gaiement.) Âh 1 mais elle eSt
très-bonne t allons, allons, la farce est très-bonne f
MADAME RIGAULT, déiespérée.
Est-il possible ?. . . Malheureuse mère t
VINCENT, i part.
Âh bien! ça va m'amUSerf... (se rapprochant d*elle.)
Voyons... voyons... en supposant que j'aille chez vous, dites-moi, aurais-je tout ce qui m'est nécessaire?... la nourriture, le logement, le blansissage et tout généralement ?
MADAME RIGAULT
T'avons-nous jamais rien refusé?
VINCENT, \ivement.
Jamais! oh! ça, jamais!
MADAME RIGAULT
Mais je te comprends I tu crains les reproches de ton père.
VINCENT, à part.
Il parait que j'ai un père aussi... Bien !
Va ! qu'il t'embrasse ! et il aura bientôt oublié sa mauvaise humeur... Cher enfant! dis-moi, que t'est-il donc arrivé, pour que tes idées soient... dérangées à ce point?
VINCENT, à part.
Elle est bonne, ce sont mes idées qui sont dérangées... Bien 1 (Haut.) Il m'est arrivé que j'ai reçu mon congé.
PROSPER.ET VINCEiNT. 397
MADAME RIGAULT
Je le sais: ton colonel te l'a accordé.
VINCENT
Mon colonel ! (a pari.) Elle appelle les herboristes colonels, à présent! On ne devrait pas lâcher ces gens-là. (Haut.) Oui, j'ai reçu mon congé par suite du renversement d'un objet rempli de quelque chose qui est tombé dans un autre ustensile... mais ça ne vous intéresse pas... ainsi...
MADAME RIGAULT
Mais qu'est-ce que tu me contes là ?
VINCENT
Dame ! je Vous conte ce qui m'est arrivé.
MADAME RIGAULT
Voyons ! ne parlons pas du passé, puisque cela te donne de l'émotion... Occupons-nous du présent, de ton avenir...
Pour le présent, franchement, je suis dans un des plus larges pétrins qu'on ait jamais construits... Je me trouve sans asile et sans le sou, dans cette capitale oii j'ai une passion pour une jeune personne... (appuyant) Criblée de qualités...
MADAME RIGAULT
Viens, mon Prosper ! viens.
VINCENT, à part, en riant.
Comment est-ce qu'elle m'appelle ? Prosper ! I elle me donne une place et un nom... excellente femme,, val tu me fournis de tout, toi, alors... Il paraît qu'elle me prend pour un autre... ne la chagrinons pas, au fait... (Haut.) Allons, je veux bien aller chez vous, c'est convenu ; mais, dites-moi, y aurait-il de I. 3i
rindiscrétion à vous demander le nom de monsieur votre mari ?
HABAHB RIOAULT.
Mais c'est ton père.
VINCENT
C'est convenu; mais je vous demande comment îi s'appelle ?
MADAME RIGAULT
Rigault... il est là chez notre ami Drouillet.
VINCENT, à part, en «'éloigDèiit rapidement.
Ils connaissent les Drouillet?... Quelle histoire !
Je ne veux pas lui annoncer ton arrivée avant que tu aies pris un costume plus convenable... Qu'il sera cofiiteiit de te revoir î mais, je t'en conjure, ne me f^fil^ pas le doux titre de mère.
VINCENT
Que je vous appelle mère Rigault? volontiers... mère Rigault, (en riant) mère Rigault I le voilèi ! Allons, allons! venez I qne je vous embrasse à mon toii^. (Il hii umâ lei braa.) Je VOUS adore, parole d'hoftnew !
MADAME RIGAUliT, JVnïbrassant vféc tntpteinmeiA,
Cher enfant!... Allons! viens! vietel
Air du Hussard de FeUheim.
Cher ami I ton retoar présage A tes parents un bonheur éternel.
Viens, des fatigues du voyage Te reposer soirs le loH paternel.
VINCENT, à part.
1/ ciel me protégé ma Toi je me basardoi
Ah ! voilà ce qui prouve bien Que l'éyén'ment du bocal de moutarde
N' signtfie absolument rien.
YIKGSRT*
/ Jo n cQkiB^ireiida rien à son lai\gi^« ; Eir veut m'ioger et c'est \h Tessentiel;
A ta suivre puisqu*ell* m^engage Allons sous r toit qu'elle appela paternel.
Sk rherbofidte eal colonel»
Le toit peut être paternel.