‹ Théatre choisi de F.-A. DuvertChapitre 33 sur 199 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LBS MÊMES, HAJRNALI, trn gowrdin àiamain,

HARNALI.

Vous en oubliez un, c'est votre décrotteur.

QUASIFOL, fie jetant dans ses bras.

Ah I sauvez-moi de lui !

HARNALI.

Restez, n'ayez pas peur.

A Chariot.

Oui I tu vas voir qu'ici, ma main intelligente A battre les habits n'est pas moins diligente. Ah! ahl ce n'est pas tout de se lever matin, Mais il faut arriver à l'heure.

Il est certain Qu'en ce moment, ami, tu montres de l'audace...

Appetaat.,

A moi I mes compagnons I

HARNALI.

Us ont reçu leur chasse.

Tes compagnons : tous trois, dans la boue étalés. De soupe économique ils se sont régalés I...

Maintenant, à nous deux !

Il pose à terre son goardin et son chapeaa, et se mettant en garde.

CHARLOT

Que prétendez-vous faire?

HARNAU.

Ah I tu veux en conter à ma particulière.

Toi ? Nous allons ici sans retard décider Lequel d'entre nous deux cela va regarder.

Et je veux te donner, de ma main vigoureuse.

76 HARNALI.

Une danse effroyable, une roulée affreuse !

En garde !

CHARLOT

Mon ami, ne vous a-t-on pas dit Que pour un tel projet vous êtes bien petit ?

HARNALI.

La taille n'y fait rien, la mienne est ordinaire ; Mais j'ai six pieds de long quand je suis en colère. Songe que je te tiens, tout mince que je suis, Et que si je voulais t'annuler, je le puis; Je pourrais dans Finstant, ton dédain m'y provoque, l'écraser dans ma main comme un œuf à la coque. Défends-toi I

Il se remet en garde.

GHARLOT.

Pas du tout.

HARNALI.

Ah ! tu fais le capon !

Tu ne veux pas te battre?...

GHARLOT.

Allons, géant lapon, Ta fureur a tout l'air d'une plaisanterie...

Je te ferai pincer par la gendarmerie...

Je sais, depuis longtemps, quel commerce tu fais.

HARNALI. ■

Eh bien, oui, j'en conviens, oui, je vends des billets. Je t'haïs I chaque soir tu nous donnes la chasse ; Je t'haïs! tu perçois cinq sous par chaque place; Je t'haïs! je t'haïs! je ne peux pas te voir ; Je t'haïs le matin, et je t'haïs le soir.

Soit que je reste assis, soit que je me promène : Je t'haïs le dimanche et toute la semaine.

Défends-toi, je te dis I

GHARLOT.

Pas du tout. Rosse-moi !

HARNALl. 77

J*irai porter ma plainte au procureur du roi. Je ne te dirai rien : satisfais ta furie ; Tu me feras plaisir, et même je t'en prie.

HARNALl.

Voilà, sur mon honneur, un plaisant animal, Et je n'attendais pas ce tour original.

Chariot tend le dos et se retourne plusieurs fois pour voir si Harnali ra le frapper. Voyant que celui-ci reste les bras croisés, il remonte la scène.

CHARLOT

Eh bien donc, je m'en vais; mais, mon cher, prends-y garde I Je vais te dénoncer au prochain corps-de-garde.

A part.

Il me laisse partir I c'est un trait généreux !

Il s'approche d'IIarnali, et après s'être regardés quelque temps sans rien dire, ils partent tous deux d'un éclat de rire.

Quel est en ce moment le plus niais des deux?

HARNALl.

J'éprouve un embarras aussi grand que le vôtre : Nous sommes, franchement, aussi sots l'un que l'autre.

Chariot sort en riant toujours.

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