‹ Théâtre choisi de F.-A. DuvertChapitre 154 sur 197 · SCENE III JOGELYNE, Madame DE KERKABIOU, KERNEYEL · texte numérisé non relu

SCENE III JOGELYNE, Madame DE KERKABIOU, KERNEYEL

JOCELTNE, qui regarde daot la telle luppoiée, avec emprcisement.

Àhl que de inonde! quelles jolies toilettes!...

Voilà madame Erdreven. (§e touniant Tera madame de Kerka-

biott.) Maman, M. de Pont-Briant vous salue... (siie «aine.

— Madame de Kerkabiou Tient près de Touvertare de la loge et salue aussi.

— Jccelyne alors se rapproche de Kemevel.) Que je VOUS remercie, monsieur Kernevel, des instances que vous avez

faites pour décider ma mère à venir, moi, qui désirais tant aller à la comédie !

MADAME DE EEBKABIOU, se rapprochant un peu.

Ma fille, la joie que vous montrez d'un plaisir profane, est condamnable ! Songez que nous sommes ici pour une bonne œuvre et que ces sortes de devoirs s'accomplissent avec recueillement.

JOCELYNE.

Oui, maman. (Madame de Kerkabiou retourne à l'ouverture delà

loge. A Kemeyei.) Ça u'empêche pas que je vais bien m'amuserl...

On entend frapper les trois coups.

KEBNEVBL.

On va commencer.

Un orchestre placé dans la coulisse, exécute en sourdine, pendant le dialogue suivant, une ouverture composée de ponts -neufs.

UNE QUËUË ROUGE. 337

JOCELYKE, à KerneTel, peodant que ta mère regarde dans la salle.

Que va-t-on jouer?

KEBNEYEL.

Joctnsse au spectacle. C'est une pièce qui se joue en même temps sur le théâtre et dans la salle.

JOCELYNE.

Tiens! Monsieur Kernevel, qu*est-ce que c'est donc qu'un Jocrisse?

KEBNEYEL.

Mademoiselle, c'est un personnage de convention, un type imaginaire, ce qu'on appelle une queue rouge; c'est le résumé exagéré de la naïveté et de la bêtise humaines. Jocrisse interprète tout de travers, et, à chaque maladresse, il reçoit de son maître, l'éternel M. Duval, des rebuffades, des injures, et pour tout dire d'un mot : Jocrisse ne peut regarder au Sud, sans recevoir un coup de pied... dans le Nord.

JOOBLYNE.

Ah I ce doit être amusant.

KERNEVEL.

Surtout quand l'acteur, chargé de ce rôle, l'interprète bien. Celui qui joue ce soir est un nommé Saint-Amour, qui a quelque réputation.

Il va accrocher son chapeau à une des patères du fond ; Jooelyne Ta sur le deTant de la loge, pendant que sa mère s'est rapprochée de Kemetel.

MADAME DE KEBKABIOU.

Est-il possible qu'il y ait des êtres assez peu soucieux de leur dignité et de leur salut, pour représenter de pareils personnages.

KERNEVEL, à madame de Kerkabiou.

Mais que je vous félicite donc, Madame... si j'ai

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338 UNE QUBUE ROUGE.

bien compris, vous êtes sur le point de marier mademoiselle Jocelyne ?

HADAME DE KEBKABIOU.

Oui... un parti très-honorable... toutes les convenances s'y trouvent.

KEBNEVEL, à Jocelyne, qui 8*eit rapprochée.

Un mariage d'inclination?

JOOELTKE.

Ah! mon Dieu!... J'ai accepté sans répugnance, mais sans aucun enthousiasme.

HADAME DE EEBKABIOU.

C'est digne, ma fille...

L'ouverture ceMe.

KEBNEYEIi.

Le rideau se lève.

lies deux dames vont s'asseoir sur le deTanl de la loge ; Jooelyne sur la seconde chaise, madame de Kerkahiou sur la troisième ; la première reste vacante.

JOCELTNE, à Kernevel, qui est debout derrière elle.

Monsieur Kernevel, l'acteur qui entre sur le théâtre et qui parle en ce moment, est-ce que c'est Jocrisse?

KERNEVEL.

C'est M* Duval.

JOCELYNE*

Ah ! c'est Jocrisse que je tiens le plus à voir.

Keinevel s'assied sur la première chaise.

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