SCÈNE III PAULINE, LAMBERT
PAULINE, entrant par la gauche.
Ah ! c'est vous, docteur!
LAHBEBT.
Chère Pauline, quel bonheur de vous revoir !
PAULINE
Ne nous hâtons pas de nous réjouir... Je ne sais
quelle affaire amène mon père chez M. Derbîgny, mais, j*ai besoin de vous parler.
Allez-vous enfin m'autoriser à dire à M. de la Pierre Meulière tout Famour que vous m'inspirez ?
PAULINB.
Il s'agit bien de celai Vous ne savez pas... un malheur terrible nous menace!..
LAMBERT
ciel I qu'est-ce donc?
PATJLUrE.
Un mot échappé par hasard m'a tout révélé...
Mon père veut me marier.
LAMBERT
Vous marier! est-il possible?
PAULINE
n faut empêcher ce mariage, docteur... j'ai compté sur vous.
LAMBERT
Et quel est celui qu'on vous destine?
PAULIIïE.
Voilà ce que je ne sais pas.
LAMBERT
Oh ! je le saurai, moi!... Je verrai M. de la Pierre Meulière... et je lui dirai... Mais... c'est que c'est bien * embarrassant...
PAULINE
C'est bien simple. Mon père a toute confiance en vous ; il suffit que vous lui fassiez entrevoir que ce mariage-là... le rendra malade : il vous croira.
LAMBERT
Le moyen est un peu hasardé.
UiN DOCTEUR EN HERBE. 179
PAULINE
Du tout... Dites-lui, par exemple, que s'il devient souffrant...
LAMBEBT, aoariant.
Et il croit Têtre constamment.
PAULINE
Il serait abandonné à des soins étrangers... tandis que moi, sa fille, qui resterais toujours auprès de lui...
LAMBERT
J'entends bien... mais alors cette raison subsistera éternellement...
PAULINE
Obi mais non; plus tard nous nous arrangerons d'une autre manière.
LAMBERT
Lorsque j'aurai écarté ce rival inconnu.
PAULINE, Tirement et arec ingénuité.
C'est ça.
LAMBERT
Et que vous m'aurez permis de parler pour mon compte.
PAULINE, de même.
C'est ça!... VOUS lui direz alors que sa santé est complètement rétablie, que le spectacle du bonheur de sa fille ne peut que l'améliorer encore... et mille choses...
Bruit de Toix en dehors.
LAMBERT
Votre pèrel... Je vais de ce pas...
PAULINE
Non... il est avec M. Derbigny... ils discutent leurs intérêts...
LAH6EBT.
Qu'importe !
PAULINE
Vous échoueriez... Il n'a pas d'oreilles pour les affaires de cœur quand il parle argent.
LAMBERT
Cependant il faut...
PAULINE, l'obligeant à remonter.
Mais partez.donc I
Aia d*une valse de Straust.
Oui, tous les deux, sachons nous taire, Soyez prudent, soyez discret, Notre bonheur veut du mystère, Gardons pour nous notre secret.