‹ Théâtre choisi de J. de Rotrou (volume 2)Chapitre 11 sur 183 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

LEONOR, LE ROY, LE COMTE, LE SECRETAIRE, Gardes.

Le Roy, relevant Leonor, qui en entrant fait un faux pas.

Hé, Madame !

Leonor.

Seigneur, c'est un bon-heur pour moy Qu'ayant à choir, ma cheute arrive aux pieds du roy, Dont le rang me prescrit Testât où je me treuve.

(Le Koy, luy donnant la main, laisse tomber la requeste par mégarde.)

Le Roy.

C'est de vostre mérite une infaillible preuve, Que pour vous relever et servir au besoin, A mes mains la fortune en ait commis le soin ; Oiiy, Madame, ce soin tombe en des mains puissantes. Capables de remplir et passer vos attentes. Qui vous peuvent donner un rang qui vous deffaut, Et ne relèvent point sans eslever bien haut.

Que puis-je désormais craindre de la fortune, Si, me terraçant mesme, elle m'est importune; Si ma cheute m'esleve, et si choir est un saut Pour me rendre plus ferme et m'eslever plus haut? C'est d'un bonheur insigne une preuve constante.

Le Roy.

Où s'addressent vos pas?

Leonor.

Je passois chez l'Infante.

Le Roy.

Je vous y rends.

Leonor.

Seigneur!

Le Roy.

Accordez-moy ce poinct,

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