‹ Théâtre choisi de J. de Rotrou (volume 2)Chapitre 170 sur 183 · ACTE IV, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV

Palmyras. Quand vous me cognoistrez, vous en aurez pour moy !

Narsée.

Quel objet de respect, l'ennemy de ma mère!

Palmyras.

Vostre mère, plustost, m'a tousjours esté chère!

Narsée.

Vous la faites du moins garder avec grand soing.

Palmyras.

Je m'expliqueray mieux quand il sera besoing.

Narsée.

Enfin, tout mon crédit, ô déplorable Reyne, De vos persécuteurs ne peut vaincre la haine, Et, pour toute response aux plaintes que je perds, On dit qu'on vous chérit quand on vous tient aux fers. O barbare amitié, qui produit le servage. Dont les pleurs sont un fruict, et les chaisnes un gage !

Palmyras.

Ny la mort de Syra, ny sa captivité, N'importe en rien. Madame, à Vostre Majesté.

Narsée.

Hâ ! comment contenir la douleur qui m'emporte? La prison de Syra, ny sa mort, ne m'importe. Qui m'ose proposer cette fausse vertu Dans les flancs d'une femme a-t'il esté conceu? Ou, naissant, suça-t'il au sein d''une lyonne Les cruels sentimens que mon mal-heur luy donne?

Palmyras.

Vostre ennuy m'attendrit. O nature, il est temps Que tu mettes au jour un secret de vingt ans, Que tu sois révérée au sang où tu dois l'estre. Et qu'aux yeux de sa fille un père oze paroistre. II. 3i

242 COSROES.

Non, ma fille (d'abord ce nom vous surprendra), Vous n'avez point de part aux malheurs de Syra; Et si j'obtiens de vous un peu de confiance...

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