‹ Théâtre choisi de J. de Rotrou (volume 2)Chapitre 172 sur 183 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

SYRA, SARDARIGUE, Gardes.

MOY, lasche ! moy, le craindre au poinct de le prier ! Moy, qui porte un cœur libre en un corps prisonnier! Moy, de quelque terreur avoir l'ame saisie, Après que souz mes loix j'ay veu trembler l'Asie, Et qu'on a veu mon sang, fertile en potentats. Avec tant de splendeur régner sur tant d'Estats ! Après le vain effort de la rage et des armes. Tenter, pour le toucher, des soupirs et des larmes! Que mon fils despendist, devant donner la loy, Et qu'il vescust subjet, ayant pu mourir roy ! Ma rage est avortée, et mon attente est vaine. Mais, quoy que sans effect, j'ay tesmoigné ma haine ; Un ministre effrayé ne l'a point attaqué. Mais j'ay tousjours armé le bras qui l'a manqué. Et l'honneur de mourir au moins son ennemie De la mort que j'attends ostera l'infamie.

244 COSROES.

Si pour ce qu'à mes jeux il reste de clarté J'avois à souhaiter un peu de liberté, Ce seroit pour pouvoir mourir son homicide; Et, si je l'attaquois d'un bras mol et timide, Comme ce lasche cœur que j'avois pratiqué , Il se pourroit vanter que je l'aurois manqué.

Mais

{SyroéSj Palmyras et Pharnace entrent, et l'écouient.)

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