SCENE VI
PALMYRAS, PHARNACE, SYROÉS.
Palmyras.
Vous oubliez que Palmyras, Pharnace, Et tout vostre conseil, aillent tenir leur place Et se charger des fers qu'ils leur ont fait porter; Et ce sera beaucoup de vous en exempter. Ouy, ouy, ne croyez pas, sans péril de la vostre, Leur conserver la vie et hazarder la nostre. Nous n'éviterons pas les traits de leur courroux. Mais craignez que ces traicts n'aillent jusques à vous ; Comme ils devront le jour moins à vostre tendresse Qu'à vostre défiance et qu'à vostre foiblesse, Syra, par le passé redoutant l'advenir.
Politique qu'elle est, sçaura vous prévenir. Et donnera bon ordre à ce que la couronne Ne peze plus au front, qui si-tost l'abandonne.
Syroés.
Je n'ay pu mieux deffendre un cœur irrésolu Où le sang a repris un empire absolu ; Vous deviez imposer silence à la nature, Qui contre vos advis secrettement murmure, Et me faict préférer le péril d'une mort A l'inhumanité d'un si barbare effort.
Il faut pour tant de force une vertu trop dure,
Pharnace.
N'auguroqs point. Seigneur, de sinistre advanture; II. 3 3
258 COSROES.
Le trosne tombera devant vostre débris, Et tant de pieié ne peut perdre son prix. Mais que vous veut Narsée ?